Les premiers exemplaires du Bluebus standard, le nouveau bus électrique de RATP, sont arrivés fin 2016. Ce bus électrique signé Bolloré (Blue Solutions) roulent au quotidien sur la ligne 341 de la RATP, entre Porte de Clignancourt et la place de l’Etoile. Si ce n’est pas un coup d’essai pour la RATP, qui fait rouler des bus électriques depuis une quinzaine d’années, c’est la première fois qu’un modèle de ce genre est employé sur une taille standard (12 m, 90 places) et sur une ligne normale en termes de charge de travail. Qu’est-ce que ça fait de monter à son bord ? C’est ce que nous sommes allés découvrir.

Bluebus vif argent et vert jade

De taille standard, le Bluebus mesure 12 mètres de long, comme un bus conventionnel. Le design est d’ailleurs proche d’un bus type Iveco Urbanway, avec un moteur en porte-à-faux arrière. Discret d’extérieur, on ne le remarque qu’à ses mentions « Electrique » et à ses jantes, chromées, façon bus américain. Une petite touche sympathique, alors que les optiques 100% diodes ne dessinent pas vraiment de « regard » au véhicule.

L’arrivée du bus électrique répond au plan Bus 2025 de la RATP, qui prévoit une proportion de 80 % de bus électriques sur le réseau parisien, d’où la couleur vert jade de la Régie. Le STIF est aussi partie prenante avec la Région Île-de-France, d’où le gris dit « vif argent » sur la carrosserie.

The sound of silence

Comme pour tout véhicule électrique, ce qui surprend tout d’abord est le silence de fonctionnement du Bluebus. A l’arrêt, vous ne l’entendez presque pas venir de l’extérieur, et à l’intérieur c’est un parfait silence qui règne. On entend, par conséquent, bien mieux les discussions téléphoniques des passagers…

En roulage, le silence continue même si le moteur (fréquence aiguë) et les bruits de roulement (fréquence grave) se font entendre. Le plus bruyant est en réalité le mobilier (les barres, les portes) dont les vibrations sur la route sont bien plus audibles que dans un bus normal. Reste que le volume sonore est bien plus discret et donc agréable que dans un bus ordinaire.

Aménagement intérieur

Rien de très révolutionnaire à bord du Bluebus : un plancher plat intégral et 2 portes, c’est une architecture habituelle depuis les Renault Agora du milieu des années 90. Le modèle répond au cahier des charges avec 2 emplacements pour PMR/poussettes. Ce qui surprend, c’est sa luminosité : des baies vitrées remontent sur le flanc gauche jusqu’en toiture. C’est autant de lumière qui pénètre à bord.

Les 28 assises sont dures comme du bois (mais il y a pire à la Régie), et les suspensions sont dures (poids du véhicule oblige). Le frein moteur se fait sentir, mais aussi le couple : le bus a une étonnante agilité en sortie d’arrêt.

Une flotte de 23 bus

Les Bluebus sont désormais tous livrés et en test grandeur nature. Les premiers appels d’offre, où ils concourront face aux modèles BYD et Yutong notamment, seront lancés d’ici la fin d’année, et Bolloré souhaite par cette démonstration en ravir beaucoup. La ligne 341 a été choisie pour son profil : 10 km entre termini en zone ultra urbaine, souvent en embouteillages, comme l’on en trouve dans Paris intra-muros ou en banlieue. Ironie : la ligne passe devant le Siège de Citroën, rue Fructidor dans le XVIIe arrondissement.

L’autonomie complète, 180 km, est récupérée entre 3 à 5 heures. Pour ce faire, le centre bus de Belliard (XVIIIe arr.) a été complètement modernisé avec un transformateur raccordé directement sur… le réseau de métro. La charge a lieu la nuit pour ne pas solliciter le réseau électrique parisien. Et pour les conduire, 203 machinistes-receveurs ont été formés. En 2016, ce sont plus de 2 millions de passagers qui ont utilisé la Ligne 341. Et vous ?

Crédit photos : François M. – The Automobilist & RATP


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