Il y a quelques mois, à la veille de l’ouverture du salon Nautique de Paris, le Peugeot Design Lab nous a ouvert ses portes pour découvrir son dernier projet. Mais point d’automobile, nous allons nous immerger dans le monde nautique. Nous sommes allés en effet à l’ADN de Vélizy pour découvrir le résultat de la première collaboration entre Beneteau et Peugeot Design Lab : le Sea Drive Concept. Depuis montré à Genève, on vous fait revivre la genèse et on vous présente en détail ce concept Peugeot d’un nouveau type.

i-Cockpit + Ship Control = Sea Drive Concept

Eté 2017. C’est le point de départ du projet. Jean-Philippe Imparato, Directeur Général de Peugeot et Luca Brancaleon, Directeur Général de Beneteau, se rencontrent et l’idée d’un projet commun naît rapidement. Pourtant, les deux univers n’ont pas pour habitude de travailler ensemble. Nous parlons en effet de transport mais avec peu de points en partage. Sauf un, évident : l’humain.

C’est en effet l’humain qui est à l’origine du projet, et surtout, l’expérience utilisateur qui est au cœur de l’attention des deux mondes. Pour nous, automobilistes, Peugeot s’est démarqué ces dernières années avec le concept de l’i-Cockpit. Pour ceux qui l’ignorent encore, il se remarque d’abord par un volant compact, repensé pour renforcer la maniabilité et les sensations de conduite. Ensuite, le combiné est déplacé au-dessus de la jante du volant et non derrière, façon tête haute, pour quitter le moins possible son regard de la route. Enfin, c’est l’écran tactile avec quelques touches de raccourcis. Inauguré sur Peugeot 208, l’i-Cockpit équipe quasiment tous les modèles actuels de la gamme, y compris la très attendue Peugeot 508 mais aussi le dernier Rifter.

Du côté de Beneteau, ce ne sont pas les mêmes contraintes, mais les attentes des utilisateurs ont aussi évolué. Beneteau a développé, via son programme de recherche Advanced Monitoring System (AMS), l’interface Ship Control. L’idée est de retrouver le maximum de commandes sous un seul outil. Il s’agit donc ici d’un écran tactile qui permet de contrôler ou transmettre des informations :

  • l’éclairage à bord (répartition, intensité) ;
  • la climatisation ;
  • la navigation (vitesse, courant, profondeur, itinéraire, direction, position) ;
  • le contrôle des niveaux des batteries ;
  • le contrôle des niveaux des réservoirs de carburant ;
  • la gestion électrique (courant continu et alternatif) ;
  • la gestion des pompes de cale ;
  • la HiFi ;
  • les moteurs (régime, vitesse).

La bateau n’ayant pas le même usage que l’automobile, les informations de cet écran peuvent être reportées sur des tablettes mobiles. Ce sont donc ces deux innovations qui seront le liant du projet.

L’expertise du Peugeot Design Lab

Peugeot Design Lab, c’est le petit studio en charge de tous les projets non-automobiles du Lion, avec un statut à part au sein du Style Peugeot. Ses équipes développent des produits qui accompagnent la gamme ou les concepts de la marque au lion. C’est aussi une entité indépendante de Peugeot qui a ses propres clients et projet. Et pour diriger cette équipe de 25 personnes, on trouve Cathal Loughnane. C’est lui qui nous reçoit dans le studio Peugeot Design Lab, pour nous présenter le projet Sea Drive Concept.

6 mois, c’est court pour un projet. Mais Cathal Loughnane accepte le défi. Plutôt que de penser à un bateau complet, l’idée de développer un cockpit autour des 2 innovations i-Cockpit et Ship Control a vite fait consensus. Forcément, les 2 mondes sont éloignés mais l’idée est de créer une expérience future, autour de l’utilisateur.

« Ce n’est pas un concept réalisé pour un bateau précis, mais une recherche plus globale »

2 systèmes à part, mais 2 questions essentielles posées par Cathal Loughnane : «  Est-ce que le Ship Control peut rendre l’i-Cockpit meilleur? Est-ce que l’i-Cockpit peut rendre Ship Control meilleur? » Pour y arriver, l’équipe travaille autour d’une maquette en polyester pour travailler sur l’ergonomie. Nous avons pu la découvrir et nous sommes surpris par la simplicité de la maquette de travail. Mais l’idée est bien de tester les différents usages du poste de pilotage ;

  • piloter assis,
  • piloter debout,
  • gérer le bateau.

En effet, autant dans une voiture on entre et on s’y assoit, autant la vie dans un bateau est tout autre. En fonction de son gabarit, on peut passer par d’autre espaces avant d’y arriver. Et encore, sur certains bateaux, il peut même y avoir 2 postes de pilotage!

L’ergonomie du Sea Drive Concept

La maquette d’étude présente les différentes fonctions principales d’un poste de pilotage. Le Ship Control bien sûr, une tablette, un volant, quelques touches de commandes, mais aussi la manette de gaz et le joystick de manœuvre. L’idée n’est pas de tout révolutionner. Comme le rappel Cathal Loughnane, certains gestes devenus réflexes ne se changent pas. Mais d’apporter la réflexion de l’ergonomie automobile au monde nautique. Le volant est réglable, mais c’est pour s’adapter à la conduite debout / assis. De même pour le siège. Cantal Loughnane et ses équipes font par exemple le choix de repousser la manette de gaz plus sur la droite, pour avoir le joystick de manœuvre au plus proche du corps, car de leur point de vue, le mouvement doit être précis et la commande, plus sensible.

« Le fil conducteur est que tout doit être à portée de main. »

De la maquette en polyester à la maquette dévoilée sur la salon Nautique de Paris, il y a un monde. Mais les principes développés sont tous là. Du monde nautique, certains pièces sont reprises du Beneteau GT50, premier modèle à proposer le Ship Control. D’autres sont repris de la gamme Peugeot. Vous aurez reconnu le volant mais aussi les touches pianos chères à la marque sochalienne. Les matériaux sont aussi plus nobles. Et contrairement à l’automobile, ils sont ici pensés pour résister au sel de mer! Nous n’avons pas les mêmes contraintes !

Sea Drive Concept, et après?

Est-ce que le Sea Drive Concept est le premier pas vers une collaboration régulière ? Peut-être. En tout cas, les équipes du Peugeot Design Lab et de Beneteau semblent satisfaites de la collaboration. Et c’est le retour du public sur les différents salons qui décidera de cet avenir. Ce qui est certain, c’est que les nouvelles technologies auront des impacts sur l’ergonomie des deux mondes.

Pour Peugeot, cette collaboration permettra d’avoir un autre point de vue sur la gestion de la conduite autonome. Bien sûr, les activités à bord d’une voiture ne pourront pas toutes être celles d’un bateau, mais toute expérience croisée ne peut être que bénéfique. Nous espérons que ça n’aboutira pas qu’à une simple série spéciale, comme chez d’autres constructeurs.

Et le voici sur le Stand Peugeot de Genève. Espérons qu’il soit également au Mondial de L’Automobile 2018.

En bonus, quelques photos du Beneteau GT50 exposé sur la stand Beneteau du salon Nautique..

Crédits photographiques : The Automobilist, Peugeot Design Lab


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