Une victime du Brexit ? Eh non, la production du Discovery quitte le Royaume-Uni pour laisser place à de futures productions de véhicules électriques.

Réorientation industrielle en Grande Bretagne

Bye bye Solihull et les West Midlands, et bonjour l’Europe de l’Est et la Slovaquie. Le Land Rover Discovery, tout juste mis sur le marché, y sera industrialisé dans une toute-nouvelle usine. Un choix annoncé par Bloomberg, et qui s’explique par le besoin de dégager des capacités à Solihull, l’usine historique des Land Rover depuis la création du modèle Defender en 1948, et qui assemble des Range Rover depuis 1970. Sur place sera développée une nouvelle plateforme pour des modèles électriques et thermiques, et le départ du Discovery du Royaume sera définitif au début de l’année 2019.

Derrière cette décision, c’est la stratégie d’électrification du groupe Jaguar Land Rover qui est en action. Le seul modèle électrique à l’heure actuelle est le Jaguar I-Pace, assemblé par Magna Steyr en Autriche. Ce premier modèle devrait connaître des petits chez les autres marques du groupe, nécessitant l’ouverture de lignes de production prenant en compte les spécificités de ces modèles (avec l’assemblage des batteries notamment). Nous avions pu observer ces modifications dans les usines de Flins (Groupe Renault, où naît la Zoé) et de Dresde (Groupe Volkswagen, pour les E-Golf). Dans l’intervalle du redéploiement de Solihull, des licenciements sont à craindre.

Une usine historique de l’automobile britannique

Autres victimes de ce réaménagement, les Disco’ Sport et le prochain Evoque qui partiront, eux, à Halewood dans le nord du Royaume. Les Range Sport et Range Rover resteraient à Solihull pour l’instant. Les économies de production réalisées sur le Discovery permettront par ailleurs d’améliorer la rentabilité du groupe afin qu’il devienne « aussi agile que possible pour continuer d’investir dans les futurs véhicules autonomes, connectés et électrifiés » indique Ralf Speth, le PDG de Jaguar Land Rover.

La naissance de cette usine remonte à la Seconde Guerre Mondiale, lorsqu’y étaient assemblés les moteurs d’avion Bristol Hercules par la firme Rover. Les dégâts de Coventry étant particulièrement importants, Rover a délocalisé sa production dans les West Midlands à la fin de la guerre, et Solihull (un nom de code pour cette usine) devint The Meteor Works. Y virent le jour des Rover P4 à partir de 1949, mais aussi le Land Rover dès 1948, puis le Range Rover. Au début des années 1980, c’est la Triumph TR7 qui y est assemblée. Depuis, l’usine a accueilli ses premières Jaguar à partir de l’ère JLR en 2013 avec les XE et F-Pace.

Ci-dessus : Land Rover Discovery Sport en production à l’usine de Solihull

 

Via Bloomberg


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