On se plaint, on râle, c’est notre côté français. Et même s’il y a matière à le faire, il faut admettre que l’on n’est peut-être pas les plus à plaindre. Alors certes, entre l’amie Anne Hidalgo et les récentes mesures gouvernementales, nous ne sommes pas gâtés, mais on va tenter de se rassurer comme on peut : il y a pire ailleurs. Au Turkménistan, en l’occurrence, où le Président a décrété deux mesures pas glop du tout.

Interdiction des voitures noires

C’est la mesure qui prête à sourire et fera la joie des carrossiers turkmènes : le président Gourbangouly Berdymoukhamedov, un brin dictateur et superstitieux, a décrété que seules les voitures claires auraient droit de cité dans son pays. Et inutile de préciser que le terme « claires » n’a rien de très clair, ce sera à la discrétion des forces de l’ordre. Rassurons-nous, la directive s’est appliquée progressivement puisque la première étape, qui consistait à prohiber les voitures noires a été appliquée le 2 janvier 2018, tandis que la seconde, visant les autres coloris (hors blanc et « clair », ouverture et tolérance oblige), ne s’est appliquée que le… 7 janvier. Si par malheur vous roulez avec une couleur proscrite, la voiture finira en fourrière.

Des alternatives ? Oui : une nouvelle peinture (environ 7 000 Manat ou 1 000 €) pour récupérer sa voiture. Avec un salaire moyen d’environ 300 € à Achgabat, on se rend aisément compte que ce n’est pas à la portée de tous dans un pays qui fait actuellement face à une crise économique. A noter que ces récentes mesures font suite à l’interdiction d’importer des voitures noires, il y a 2 ans.

On profitera de cette brève pour rappeler au président turkmène que le drapeau de son pays est vert et rouge : un bel étendard blanc serait bien plus lisible pour les daltoniens, en plus de porter chance (ou de signifier la reddition… à éviter). Bref, qu’on se le dise, il y a toujours plus fort que soi : madame Hidalgo se voit coiffée au poteau par plus coercitif qu’elle ! Quoi que, si vous avez un vieux diesel blanc, vous êtes encore tolérés au Turkménistan…

Femme au volant, amende au Turkménistan

Et ce serait dommage de s’arrêter en si bon chemin. Tandis que les femmes saoudiennes se voient enfin accorder le droit de conduire, le président turkmène a décrété que les femmes turkmènes seraient désormais interdites de conduire un véhicule. Et cela s’applique depuis le premier janvier de cette année. On attend encore les réactions des « féministes », trop occupées à ne pas s’intéresser aux conditions des femmes. Les raisons de cette nouvelle interdiction ? Figurez-vous que les femmes seraient responsables de la majorité des accidents dans le pays. Ne suffirait-il pas de les faire rouler à 80 km/h pour régler le problème ? Trêve de sarcasme, l’autocrate a parlé et les femmes contrevenantes risquent notamment la suspension de leur permis… devenu inutile, par ailleurs.

Vous ne rêvez donc pas, les droits régressent à ce point en 2018 pour les femmes turkmènes, au nom de la mégalomanie d’un président dans la droite lignée de son prédécesseur, soit dit en passant.
Vous l’aurez compris, on aura beau se plaindre de nos politiciens hexagonaux, ils ne jouent pas dans la même ligue que le président Berdymoukhamedov, son culte de la personnalité et ses superstitions. Les turkmènes finiraient presque par regretter Türkmenbaşy !

Via Le Temps, Yahoo

 

 


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