La Targa Florio Classic 2017 arrive à son terme mais le charme du lieu, des belles autos et du paysage vont encore nous accompagner deux journées durant. Nous vous proposons de passer avec nous les dernières journées de la course italienne, juste pour le plaisir et pour profiter des Alfa Romeo.

Samedi 23 avril 2017 :

Ca y est, après une nuit moyennement réparatrice, un réveil difficile suivi d’un copieux petit déjeuner servi dans les somptueux salons de l’Hôtel des Palmes, nous sommes amenés en bus au parc fermé. Miss Ti nous attend bien sagement : vérifications des niveaux d’eau et d’huile, nettoyage à sec de la carrosserie, lavage du parebrise, et voilà Giulietta toute pimpante pour une étape d’anthologie.
Nous démarrons à plus de 10h00 compte tenu de notre numéro 126, direction l’autoroute de Messina, puis nous tournons à droite vers le circuit des Madonies. Une épreuve de régularité à 40 km/h, près de Caltavuturo, nous attend et nous fait découvrir les alentours à un quasi train de sénateur. Paysages verdoyants, routes mêlant courbes, épingles, montées, descentes, courtes lignes droites, ça n’arrête pas, le tout dans une nature presqu’intacte. La route au tracé varié bordé d’arbres par moment, est un vrai festin pour les autos sportives !

Comme à l’accoutumée, nous tentons de suivre un moment les SZ endiablées, dans d’évocateurs crissements de pneus qui réjouissent Maxime mon copilote, mais un peu moins nos gommes…
La traversées de villages mythiques comme Castellana Sicula ou Petralia Sottana nous plonge dans une ambiance d’une autre époque où les bolides passaient à des allures vertigineuses, entre deux murs, sous les yeux ébahis des mammas sur leur balcon et des hommes assis plus loin sur un muret ou un banc !
Notre contrôle horaire, qui s’éternise car tout le monde est en avance, se déroule dans le fameux village de Castelbuono : nous y faisons la découverte d’un minuscule garage qui renferme quelques trésors automobiles cachés (Abarth 1000 bialbero, Simca-Abarth 2000 et même…une Cisitalia !). Que d’émotions…
Mais le temps passe, il est l’heure d’avancer et de prendre la route en direction de Campofelice di Roccella pour nous restaurer avant de visiter le musée de la Targa Florio, à Floriopoli, haut lieu de la course que vous pouvez voir sur toutes les anciennes videos sur le site Youtube (ici et  ou encore par ici.).
Les gradins n’existent plus, mais la grande courbe sur la route de Cerda est toujours là, les fameuses inscriptions Super Cortemaggiore également. On ferme les yeux… et on y est ! Surtout quand, à ce moment-là, une Giulietta SZT, une Giulia GTA et une Jaguar Type E en « bagarre » arrivent sauvagement sur vous et nous dépassent dans un concert de L6 et L4 DOHC atmosphériques comme on en fait plus… Que du pur bonheur, je vous dis !
Bon, c’est pas tout ! Après une visite chargée en émotion qui est une chose, la course en est une autre et elle reprend. Nous redémarrons pour quelques épreuves de régularité en bord de mer en traversant Termini Imerese et après plus centaines de kilomètres, nous rentrons, fourbus mais ravis, au parc fermé. Miss Giulietta a encore bien assuré et elle mérite de se reposer.
C’est là que l’on se dit qu’un repos bien mérité serait une bonne chose… Que nenni, la Targa Florio c’est aussi un esprit festif. Quelques minutes vautré dans le fauteuil de la chambre et c’est déjà le moment de la douche, puis celui du costume, de la chemise bien repassée et des chaussures noires bien cirées qui sont de rigueur pour la grande soirée de gala Alfa Romeo dans la très aristocratique Villa Tasca.
Nous rentrons une fois de plus bien au delà d’1h30 du matin, alors qu’il faut encore se lever à 7h00… La Targa, c’est un rythme presque de fou et surtout pas dédié aux pantouflards ou aux couches tôt.

Dimanche 23 avril 2017 :

7h05. Nous avons tous des têtes de déterrés ce matin mais il va bien falloir aborder la dernière étape du rallye qui se veut plus touristique…mais pas forcément comme nous allons le voir plus loin.
Parvenus au parc fermé, nous apprenons que nous occupons la 29ème place au classement général, sur 62 autos en course. Pas mal, avec notre petite berline, et surtout, un seul chrono à bord et sans la moindre connaissance du terrain.
Nous espérons faire mieux d’ici la fin de la journée. C’est promis.  Nous discutons avec un équipage milanais en coupé 1750 GTV gris métal quand un monsieur en casquette passe devant la voiture avec tout le staff Alfa Romeo. Ce vieux monsieur de 84 ans est tout simplement le pilote sicilien Nino Vaccarella, triple vainqueur de la Targa Florio. Nous immortalisons l’instant avec lui, appuyé sur le capot de ma douce Giulietta… L’instant est magique si on aime l’Italie des belles automobiles et du sport mécanique.
Le départ est ensuite donné en direction de Monreale où nous nous arrêtons pour admirer la somptueuse cathédrale. Situé sur les hauteurs de Palerme, cet endroit offre un panorama mémorable d’une beauté à couper le souffle. Toutefois nous n’avons guère le temps de lambiner et de jouer les touristes car l’organisation nous demande de repartir au bout de d’une dizaine de minutes pour prendre le départ la première spéciale de la journée, dans le Nord-Ouest de l’île, à Partinico. Une route magnifique de plus que nous découvrons sous le beau temps qui ne pèse pas du fait de la fraicheur de l’air ambiant.

Quelques kilomètres plus loin, alors que nous rous roulons à bonne cadence avec l’Alfa, nous rattrapons nos amis belges et leur petite Abarth 750 toute jaune : ils prennent une route qui ne semble pas être la bonne mais la pancarte indique exactement ce que raconte le road book, donc, nous « enquillons » derrière la petite sportive turinoise.
Au bout de quasiment 40 km (aucune autre indication sur le road-book… une spécialité italienne !), nous finissons par nous dire que ce n’est pas vraiment la bonne route mais celle du retour pour l’après-midi. Nous en déduisons donc qu’il va falloir faire 80 km pour rejoindre la spéciale et surtout le contrôle horaire de Segesta…Disastro !!!

Le mors aux dents, les gants à troutrous bien ajustés, l’oeil fixant la route au loin et le pied droit souple mais ferme sur l’accélérateur, nous décidons d’emprunter l’autoroute, ce qui est autorisé par le réglement, pour rattraper notre retard. Durant les prochains kilomètres  nous n’allons pas mollir et oublier le plus possible la pédale du milieu. D’ailleurs freiner c’est pour les lâches, donc pas pour nous.
Le bialbero est en forme, les manos ont leurs aiguilles au bon endroit. C’est parti. Le moteur ronfle joyeusement à plus de 5000 trs/mn et nous avançons à marche presque forcée. Température d’eau, d’huile et voltmètre sont impassibles et au bon niveau. Tout va bien. Cette belle allure nous  permet de rattraper notre erreur et nous parvenons à pointer dans les temps au contrôle : e un miraccolo !
Miss Giulietta Ti a fonctionné à merveille durant la semaine sicilienne et cette dernière spéciale menée bon train n’a en rien perturbé ses capacités, preuve une fois encore des belles qualités et performances des moteurs nés du coté de Milan.
Allez hop, le contrôle horaire est signé, enregistré par les commissaires, la course est , hélas, finie.
Nous prenons le temps d’un petit détour à Castellammare del Golfo pour y déguster un jus d’oranges siciliennes pressées et nous rentrons par la côte vers Palerme. La fin de journée est là et déjà il faut ranger la Giulietta sur la Piazza Verdi. Nous laissons notre italienne et rentrons à l’hôtel pour un petit peu de repos.
Un peu plus tard dans la soirée nous apprendrons que nous avons gagné deux places au classement général. Miss Giulietta Ti termine donc 27ème sur 62 autos et 1ère des voitures engagées sans instruments de chronométrage modernes. Nous sommes ravis et sous le charme d’une Sicile encore très belle et presque sauvage qu’il faut découvrir au printemps ou à l’automne comme le disent les gens du lieu.
Ce soir, pas de tenue « encostumée », juste une soirée en équipages pour échanger, parler encore des autos, du parcours, des sensations, des odeurs et des couleurs qui nous ont entouré durant cinq journées merveilleuses et quasi inoubliables.

Il est tard, la fatigue nous gagne. Demain ce sera un peu de tourisme avant de reprendre le ferry mardi en direction de Gênes et le retour dans la belle ville de Nice.
Nous vous retrouverons dans moins d’un mois, toujours en Italie mais cette fois plus au nord puisque nous serons en Lombardie dans la région de Brescia pour vous faire vivre les Mille Miglia 2017.

Misson accomplie ! Forza Targa Florio ! Forza Alfa Romeo Giulietta Ti

Un grand merci à FCA pour son accueil, à Alfa Romeo France et particulièrement Jean François Serre pour l’invitation et aux organisateurs de la course.

Crédits photos : FCA/Alfa Romeo, Laurent Bonnery pour The Automobilist


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