Troisième jour au coeur de la Targa Florio Classic 2017. Encore une belle journée en perspective qui se fera au rythme des spéciales, du relief et de la forme de Miss Giulietta Ti. L’affaire s’annonce agréable, nous allons vous la narrer.

Vendredi 21 avril 2017 :

Le réveil est difficile. Parfois un confort royal dans hotel de grand luxe ne suffit pas quand la veille au soir, l’organisation du rallye a prévu des festivités, un repas des plus copieux et goûteux et que les convives, tous ou presque passionnés, se lancent dans des discussions sans fin mais passionnantes au sujet d’un voyage dans les Alpes, d’un réglage de soupapes sur un V12 ou dans la présentations de leur belle à quatre roues. Que du bonheur durant cette soirée qui mêle sans aucune difficulté les italiens, les allemands, les anglais, les luxembourgeois ou les suisses et les français. Ici on parle, peu importe la langue, l’accent mais chacun y va de son histoire. Plus la soirée avance, plus celle-ci sont rocambolesques mais en tout cas l’ambiance est chaleureuse et très proche de celle que l’on peut trouver dans certains clubs automobiles européens (pas tous hélas !) et notamment chez nos amis britanniques. La soirée avance, nous mangeons, discutons, buvons à peine et remangeons encore. Les douze coups de minuit sont déjà loin. La fatigue nous gagne, il est venu le moment de regagner nos chambres.

Nous avons trop mangé hier soir et la nuit a été trop courte. Au petit déjeuner, entre café, brioche et jus de fruits, nous entamons la conversation avec des alfistes rencontrés la veille sur la course. L’un d’eux nous explique d’ailleurs qu’après la Targa, il ira courir les Mille Miglia en mai prochain avec un coupé 1900 CS Touring de 1953, que du bonheur en persepctive.
Entre deux gorgées de café nous évoquons aussi son authentique GTA de 1965, pilotée ici par un ami suisse. Aussi étonnant que cela puisse paraitre une auto aussi réputée et prestigieuse ne peut dépasser la vitesse maximale de 140 km/h tant sa boîte de vitesse tire court. Toutefois avec un double arbre fort de 175 ch et un poids à vide largement inférieur à 800 kg, les dépassements en GTA sont une formalité… mais sur l’autostrada, Miss Giulietta sans forcer colle très vite plusieurs centaines de mètres à la réputée milanaise. Je ne vous ferai pas l’offense de vous parler des petites routes sinueuses ou montagneuses où les 175 ch s’expriment sans aucune retenue, Miss Giulietta pourrait en prendre ombrage.

L’intermède petit déjeuner étant terminé, il faut récupérer les sacs, charger la Giulietta et avant de prendre le départ de la première spéciale par ordre des numéros, aller faire le plein. Et là surprise, nous découvrons que le litre est facturé 1.71€, autant dire que la Giulietta profite elle aussi d’un traitement de luxe. Cher oui mais aussi de qualité car il semblerait que ce soit du SP100 prévu pour les concurrents et les belles mécaniques.

Nous voilà sous la bannière de départ. L’oeil est vif, l’esprit concentré et attentif, la main droite serre fermement le levier de vitesse, Maxime plonge le nez dans le road book et sur ses notes. Un bras tenant un drapeau s’abaisse, je lâche l’embrayage et déjà Miss Giulietta donne tout ce qu’elle a et une fois de plus les autres vont  apprendre à la connaitre sur la route [rire].
La journée avance. Durant les épreuves de régularité, cela nous sera confirmé sans mal par des commissaires et d’autres équipages nous parvenons à suivre, certes avec un peu de distance mais nous tenons, une meute d’Alfa SZ endiablées autour de Taormina. Miss Giulietta Ti est toujours dans le bon tempo et ira même jusqu’à forcer l’admiration du propriétaire d’une sublime 6C 1750 qui marche fort malgré son grand âge.
Les routes montent, descendent, tournent un peu, beaucoup, le paysage est toujours aussi beau, impressionnant et verdoyant. Nous prenons autant de plaisir à courir dans la Targa qu’a découvrir cette région de la Sicile qui mérite attention, notamment au moment du choix d’une destination de vacances.

Les kilomètres s’accumulent et le road-book nous indique qu’il va falloir se diriger vers la montagne pour deux nouvelles sessions de régularité en plein centre de l’île, vers Novara di Sicilia. No problema !
Nous profitons de cette période de liaison pour nous relâcher un peu, ménager Miss Giulietta et encore profiter de l’environnement. Novara di Sicilia est là. Nous reprenons le fil de l’épreuve et, à la lecture des notes des organisateurs nous découvrons que les moyennes choisies sont tout bonnement très faibles. La moyenne est fixée à 38 km/h. Une misère pour une Alfa mais nous devons y aller, les deux épreuves nous attendent. Sans aucune explication de la part de l’organisation ou des commissaires nous faisons un peu grise mine puis prenons le départ.

Première, deuxième, troisième, le bialbero monte dans les tours et délivre avec entrain ses chevaux. L’asphalte à la sicilienne crépite sous les roues de l’auto et comme nous sommes en forme, nous rattrapons très vite une grande ancienne, une Bugatti de la seconde moitié des années 1920. Est ce une Type 35 ? une Type 39A, ? une Type 38 ? N’étant pas un grand spécialiste des voitures nées à Molsheim, je ne peux vous dire mais nous reparlerons de cette auto quand vous découvrirez les phoitographies. Toujours est il que l’alsacienne est moins endiablée ou plus fragile que notre milanaise puisque nous restons sans forcer dans ses échappements durant l’épreuve et là  suivons tout au long du trajet à un quasi train de sénateur… romain.

La nature qui nous entoure semble vierge de toute civilisation, c’est extraordinaire, en Europe, à notre époque il existe encore des lieux sans trace de présence humaine permanente. Notre contemplation du paysage permet à la Bug’ de prendre quelques longueurs sur nous mais nous restons dans le bon tempo, le bon chrono. Au dessus de nous le temps change, le bleu du ciel laisse place aux nuages et le fond de l’air devient frais et humide.
Quelques kilomètres plus tard, les gouttes de pluie sont là et font entrer en action les redoutables essuies glace de Miss Giulietta. L’ondée perdure et avec l’altitude il suffirait de quelques degrés de moins pour que la neige soit de la partie ! Nous roulons toutes vitres fermées et avons une pensée pour l’équipage qui nous précède dans la Bugatti. La fraicheur s’est installé aussi bien dehors que dans l’habitacle et cela durera jusqu’à la descente vers la mer. A l’approche de la côte méditerranéenne, le temps se calme et il fait un peu plus chaud. Midi est là. Il est venu pour nous le temps de se restaurer et  quelques kilomètres avant Capo d’Orlando (rien à voir avec Dalida), nous faisons une halte à Gliaca di Piraino.
Sortir de la voiture, poser les gants, se dégourdir les jambes et le dos, voilà qui fait du bien avant d’aller déguster une belle assiette de pasta accompagnée de mets locaux. Le repas avalé, il faut déjà repartir.

La Giulietta encore chaude, redémarre sans sourciller et nous mène à bon train en direction de Palerme. Nous découvrons la beauté de Cefalu, et la traversée de villages comme Finale di Polina nous réserve un accueil animé des plus réjouissants. Ici on applaudit les voitures, on salue les petites et les grosses, on admire les petites cylindrées comme les supercars, la Sicile serait elle un petit paradis pour les amateurs d’automobile ? Possible.
L’après midi passe et toutes les épreuves du jour sont terminées. Nous fonçons alors en direction de Palerme et du parc fermé où, après quelques vérifications nécessaires et de circonstance, nous garons Miss Giulietta Ti pour une nuit de repos mérité.

La fin de journée approche, la fatigue aussi. Heureusement une navette nous ramène à notre hôtel pour un peu de repos avant de nous préparer pour la soirée qui est prévue à la Villa Bordone Chiaramonte. Convives charmants et passionnés, vins et eaux de qualité et mets raffinés seront encore au programme d’une soirée qui s’annonce chaleureuse et animée pour changer !

La journée de demain samedi s’annonce elle aussi de qualité et somptueuse sur la route avec notamment le fameux circuit des Madonnies et près de 230 km de spéciales à parcourir avant le retour et le final.

Nous devons nous changer, apprendre à faire les guépards et il est l’heure de vous laisser. Nous vous retrouvons demain pour une journée qui devrait être épique et fort agréable sur la route.

Crédits photos : Laurent Bonnery pour The Automobilist


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