C’est dans un silence médiatique assourdissant que Sébastien Ogier a empoché son cinquième titre dans le très disputé championnat du monde des Rallyes. La faute sans doute à Lewis Hamilton mais pas que. On ne peut qu’être sidéré par le relatif faible écho médiatique relatant cet exploit hors du commun. Décidément, le formatage continue. Depuis quatorze saisons maintenant un Français est champion du monde des rallyes sans que les grands médias nationaux ne fassent leur une de cette domination magnifique.

Dans la vie, y’a pas que la bienpensance, y’a aussi le plaisir !

Au moment où on s’engage dans un redoutable délire électrique, au moment où certains dirigeants autophobes, munis de chauffeurs, racontent tout et n’importe quoi sur l’avenir de l’automobile, au moment où quelques législateurs opportunistes cherchent à réduire l’espace de liberté de circulation, quelques fous roulant et leurs drôles de machines s’en vont tout autour de la planète tutoyer la perfection de la conduite d’une automobile.
Si quelques dirigeants confondent trajectoire tendue et autodestruction, si quelques fâcheux ont quelques soucis avec leur compréhension du plaisir, si quelques ayatollahs verts méconnaissent les obligations de transport de la grande majorité de la population, il existe encore une sacrée tribu de résistants qui, chaque fin de semaine s’en va sur des spéciales, au bord des circuits, en sortie club ou même en rallye-découverte rendre hommage au plaisir et à la passion de tout ce qui roule. Forcément, on peut comprendre que certains préfèrent des joies et des loisirs différents. Mais est-ce une raison pour vouer aux gémonies de braves gens pour qui aller vite n’est pas un crime si les conditions de sécurité sont prises en compte. Dans une totale confusion, ces nouveaux bien-pensants confondent tout et leur influence jadis relative est désormais souvent relayée par de nombreux pseudo journalistes généralistes opportunistes mais aussi démagogues.

Alors c’est qui l’patron ?

Alors forcément, ce cinquième titre de Sébastien Ogier ne fait pas les unes des journaux généralistes. Pourtant qu’il est beau celui-là. En fin de saison dernière, lorsque VW annonçait son retrait du WRC (ah oui au fait, pourquoi ?) on ne donnait pas cher de la suite pour Sébastien Ogier et Julien Ingrassia. Hyundai, Toyota et Citroën ne se sont pas battus, pour des raisons diverses, pour faire signer les quadruples champions du monde. Mal leur en prit puisque Malcom Wilson lui sauta sur l’occasion. Le Britannique est de ceux qui comptent dans le monde du rallye. Il connait son affaire, en témoigne son recrutement 2017. Ses relations avec Ford lui permettent de faire rouler des Fiesta qui, sans être ‘’officielles’’, n’en disposent pas moins d’un beau soutien technique de l’usine.
La formule est bonne, l’indépendance et la liberté d’action dont disposent Malcom et son staff permettent sans doute d’être moins stratifié que les équipes d’usine. Parce il faut le dire, M-Sport cette année a tout raflé. Les trois équipages (Ogier-Ingrassia, Tanak-Jarveoja et Evans-Barrit) ont tous remporté au moins une manche du WRC 2017. Titre pilote, titre équipe, tout fut nickel pour les Britanniques. Moi, si j’étais patron de Hyundai, Toyota ou Citroën, je réfléchirais sérieusement à m’inspirer de cet organigramme somme toute bien plus efficace que les grosses machines de guerre expédiées sur les épreuves.

Merci donc à Sébastien Ogier et Julien Ingrassia pour cette extraordinaire saison. Merci de la part des passionnés et des amoureux de la belle dérive et de l’appel contre-appel. Merci pour ces beaux moments. A l’an prochain !

Crédits photos : Sébastien Ogier on Facebook, L’Equipe

 


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