Derrière le nom de code LJC se cache le prochain lancement de Renault sur le segment de ce que le grand public appelle le « Low cost » mais que le Groupe au Losange désigne en interne comme sa gamme « Global Access ». Initiée par le lancement de la Logan en 2004, cette philosophie d’achat malin qui a fait le succès des Dacia mais aussi des Duster, Kwid et Sandero à travers le monde va connaître dans les prochains mois un tournant. Elle va faire naître au monde son premier SUV Coupé.

LJC : Un nom qui veut tout dire

Vous avez sûrement vu ces photos volées de prototypes parues dans la presse ? Elles montrent un SUV camouflé, au style aisément identifiable à Renault à l’avant, et à la silhouette de coupé. Soit, le premier SUV coupé d’un constructeur français. La presse l’appelle Captur Coupé, ou Kadjar Coupé. En réalité, si son nom commercial demeure mystérieux, son nom de code en dit beaucoup sur lui.

L, dans le vocable Renault, c’est l’initiale réservée aux silhouettes berlines et coupé. Ainsi de la LFD, nom de code de la Talisman, ou de la LFF, nom de code de la Mégane tricorps. Cette lettre confirme la vocation différente d’un « hatch » classique (comprendre, une silhouette à hayon façon Kadjar, même si tout porte à croire que LJC aura un hayon), car ces voitures sont signées de la lettre B (comme Mégane, BFB) ou H comme HJD, comprenez le Duster II. LJC reprendra la même base technique que la plus vendue des Renault au monde, et sera ainsi 2RM et 4RM.

Et le J en dit encore plus : c’est la lettre de la plateforme CMF-B, qui est et sera particulièrement utilisée pour les modèles Entry, ou Global Access de Renault, comprendre la gamme Dacia -qui porte le badge au Losange dans certains pays. Cette CMF-B ne se restreint pas aux « low cost » puisque la Clio -BJA- ou le Captur -HJB- seront sur cette plateforme, comme l’est déjà… HJD, le Duster. LJC est l’élément manquant de la série, car la troisième initiale des codes s’égrène selon la date de lancement de projet : A (Clio) fut la première, et D (Duster) le dernier, bien que finalement il est le premier à avoir été mis sur le marché.

En tout cas, malgré sa silhouette de SUV coupé, ce LJC est loin d’être un SUV de luxe et sera en réalité un modèle plus accessible qu’imaginé.

Global Access : de l’essentiel à l’agréable

Le tour de force de Renault depuis la Logan est de proposer à bas-prix des modèles qui demeurent rentables à écouler. Le secret ? La réutilisation de composants éprouvés, l’optimisation des lieux de production dans des pays aux salaires plus bas qu’en Europe de l’Ouest, et surtout un positionnement produit qui confirme l’impression des conducteurs que d’avoir acheté une voiture robuste et sans souci au meilleur prix. Ainsi du Duster, la Renault la plus vendue au monde, dont les portières viennent de la Sandero, les composants moteur de la Clio, et la transmission de chez Nissan.

Depuis quelques années cependant, l’offre Dacia tend à progresser vers le haut. C’est logique, 80 % de ses clients les choisissent bien équipées en finition Prestige. De même, là où elles sont badgées Renault comme en Amérique du Sud, en Russie ou en Inde, les clients qui optent pour un modèle Global Access veulent profiter des dernières technologies. Ainsi des tablettes tactiles présentes dès la petite Kwid. Derrière, le positionnement modèle demeure simple : citadine, berline, break, 4×4, utilitaire, monospace : les catégories sont claires, rien n’est laissé au dispensable. Plus pour très longtemps en réalité.

Rendre accessibles les SUV Coupés partout dans le monde

C’est la nouvelle frontière du low cost signé Renault : oser aller vers des silhouettes de niches, qui sont devenues en réalité des produits incontournables pour certains marchés. Pour conquérir les marchés russes, chinois, moyen-orientaux, australiens ou encore coréens et pourquoi pas sud-américains, il faut pouvoir proposer des modèles qui en jettent. La différence de Renault sera de les proposer sur une plateforme aux qualités dynamiques légèrement inférieures à celles développées pour l’Europe, mais surtout plus résistantes pour les réseaux routiers locaux accidentés.

Ainsi, à partir d’une technologie déjà fiabilisée, le Losange pourra proposer un modèle sur lequel il pourra faire des marges supplémentaires, ce même en vendant son LJC moins cher qu’un Audi Q2, qu’un Mercedes GLA ou qu’un BMW X2 ! Les premières lignes de la voiture ont été dévoilées par un teaser sous forme de sketch design portant tous les ingrédients du style Renault dirigé par Laurens van den Acker. Jusqu’aux optiques au liseré de diodes en « C », dont la forme rappelle beaucoup… celles de la Mégane.

Pas pour l’Europe… occidentale

D’après une source interne, ce LJC n’aura pas vocation à venir en Europe, la marque Dacia se limitant à la silhouette du Duster. Mais qui sait : les vérités d’aujourd’hui peuvent s’inverser… Ne disait-on pas en 2004 que jamais la Logan ne viendrait en France ? Et ainsi, aujourd’hui, la France est le premier pays d’exportation des Dacia produites en Roumanie.

Reste que ce Renault LJC sera révélé au prochain Salon de Moscou sous la forme d’un showcar, avant d’y être commercialisé en 2019 si tout va bien. La Russie, c’est l’autre terre du low cost à la Renault. Un pays où la gamme Renault possède déjà en haut de sa gamme le Koleos mais pas de modèle de segment C comme ce LJC. Un pays où le Captur local s’appelle Kaptur et est en réalité bâti sur une plateforme… de Duster. Un pays où depuis 2005 les Logan et autres Duster portent fièrement sur leur calandre… un Losange.


Commentaires

Plus d'articles