C’est samedi 1er juillet qu’entrent en vigueur les nouvelles mesures de restriction de circulation par la municipalité parisienne à l’égard des automobilistes. Entre autres réjouissances, les conducteurs de véhicules classés Crit’Air 5 seront désormais interdits de circuler à Paris. Concrètement, cela signifie que toutes les voiture essence d’avant le 1er janvier 1997 et tous les diesel d’avant le 1er juillet 2001 ne pourront plus rouler à Paris en semaine.

Le samedi 1er juillet est aussi la date choisie par l’UDELCIM (Union pour la Défense de l’Egalité et la Liberté de Circuler Motorisé) pour organiser un rassemblement à 9h30, Place de la Concorde.

Alerter, informer, lutter

Cette manifestation statique a pour but d’alerter sur le fait que de nombreux propriétaires de voitures un peu trop vieilles pour séduire le politicien branché des centres-villes et pas assez vieilles pour accéder au statut de véhicule de collection vont se retrouver interdits de circuler.

Concrètement, quels sont les nouveaux véhicules interdits ? Il y avait déjà depuis le début de l’année les voitures d’avant 1997, s’y ajoutent désormais la catégorie Crit’Air 5, à savoir les Diesel d’avant le 1er juillet 2001. Ce sont donc des voitures que l’on voit régulièrement sur nos routes : des Peugeot 206, 306, 406, Renault Clio II, Megane I, Laguna I, Scénic I, Citroën Saxo, Xsara ou Xantia, VW Golf IV, Ford Focus I, Opel Zafira, Fiat Punto ou autre voitures généralistes ou premium à moteur Diesel.

Mine de rien, on voit que ça impacte une catégorie non-négligeable de gens…

Et bientôt les Crit’Air 3 et 4…

Que ce soit avec un véhicule classé Crit’Air 5 ou avec un véhicule plus moderne et bientôt dans le collimateur de la municipalité parisienne mais aussi de plusieurs agglomérations comme Nantes, Grenoble, Dijon ou Lyon, par exemple, vous pouvez participer. On pense notamment aux véhicules Crit’Air 4 et 3 (essence d’avant 2005 ou Diesel d’avant 2010) qui seront progressivement interdits dans les mois à venir.

Outre le fait que de nombreux propriétaires seront directement impactés, ceux, plus aisés, pouvant renouveler leur auto devraient logiquement perdre de l’argent, la valeur résiduelle des voitures devant être impactée lorsque les catégories 3, 4 ou 5 se retrouveront massivement sur le marché de l’occasion sans acheteurs. Le cap suivant est prévu pour 2020 (dans moins de 3 ans), avec l’interdiction des vignettes 2, à savoir :

  • Essence d’avant 2011
  • Tous les Diesel
  • Motos d’avant 2017 (!)

A ceux qui vous rétorqueront que l’automobile pollue, nous disons oui : mais elle n’est pas du tout la première cause de pollution et il faut garder en tête qu’elle pollue de moins en moins. Nous vous en avions déjà parlé dans cette série de 3 articles sur la pollution (historique, homologation, généralités et lobbys). On peut également se rappeler de l’inefficacité de la circulation alternée à Paris pour mesurer à quel point les restrictions de circulation ne résolvent pas les problèmes de fond des agglomérations françaises.

Enfin, à ceux qui clament que l’on peut toujours se passer de voiture du fait des transports publics, il faut garder en tête que les modes de vie sont différents chez les uns et les autres. Tout le monde n’habite pas et ne travaille pas en centre-ville et en journée, les impératifs familiaux ou relatifs aux loisirs, par exemple, rendent parfois (souvent ?) nécessaire de disposer d’une automobile. Contraindre les masses populaires (et pas seulement), sans proposer d’alternatives ne constitue pas une solution viable mais cela semble au moins permettre à quelques politiciens de prospérer. Aux citoyens de se prendre en mains ?

Via UDELCIM

P.S. : en marge de cette manifestation ponctuelle organisée par l’UDELCIM, nous rappelons que la FFAC (en lien avec la FFMC) a déposé une pétition en ligne et se réunit depuis plus d’un an tous les dimanche matin Place Vauban pour informer et échanger avec les déjà impactés ou en passe de l’être. Retrouvez ici notre entretien avec cette association.


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