Ah, la voiture autonome… On en parle, on en parle, mais elle devrait bien finir par arriver ! Beaucoup évoquent 2025 pour que les premiers modèles Mind Off arrivent sur le marché. Si vous n’avez pas bien suivi vos cours de LV1 à l’école communale, cela signifie qu’il sera possible de rouler « l’esprit libéré ». En clair, plus besoin de garder les yeux rivés sur le tachymètre désespérément bloqué à 80 km/h, ou d’analyser ce qui se passe sur la chaussée. Vous pourrez vaquer aux occupations qui vous plaisent : lecture, téléphone et tutti quanti. Il va de soi qu’un tel véhicule devra donc être en mesure de gérer absolument toutes les phases de conduite les plus complexes, dont celles d’urgence.

Une tâche de conduite déléguée à 100 % aux algorithmes qui serait d’ailleurs plus sûre aux dires des constructeurs. A tel point que Volvo annonce un très ambitieux objectif de 0 mort ou blessé grave à bord de sa gamme en 2020. Il faut reconnaître aux capteurs une capacité à « voir » plus loin que l’œil humain, et agir plus rapidement, deux composantes permettant d’anticiper un ralentissement.

Une voiture morale ?

Mais se présenteront inéluctablement – parmi les 23000 kilomètres parcourus en France chaque seconde – des cas où le véhicule n’aura pas anticipé un danger passé sous les radars… Et sur un niveau d’autonomie maximal, ce sera bien à la voiture de gérer le problème plus qu’urgent. L’objectif reste évidemment d’éviter d’en arriver à un telle situation, comme l’affirme Christoph von Hugo, responsable des aides à la conduite chez Mercedes : « 99 % de notre travail d’ingénierie est d’empêcher que ces situations se produisent ». Le cas échéant, il faudra bien introduire un semblant d’éthique à la voiture. Pendant moderne du dilemme du tramway, les constructeurs devront implanter sur leurs véhicules autonomes une réaction de la dernière chance.

La voiture devra-t-elle adopter une trajectoire de sorte à sauver à tout prix les occupants du véhicule ? D’éventuels piétons sur la route ? Ce choix cornélien fait l’objet d’une étude très sérieuse menée par le MIT, qui nous invite d’ailleurs sur un site Web à déterminer de notre propre chef les réactions qui sont les moins dérangeants à l’égard de notre esprit.

Mercedes, à titre d’exemple, décidera de prioriser la vie du conducteur et des passagers, dont les chances de survie en bonne santé sont plus certaines que celles d’un piéton lorsqu’un choc est devenu inéluctable. Un choix qui motivera davantage aussi –  il faut bien le dire – la décision d’achat d’une voiture autonome.  Il y a cependant fort à parier que d’ici leur introduction sur le marché, ces dernières seront régies par des algorithmes qui auront encore changé, pour se plier aux directives des pays de commercialisation.

D’aucuns s’interrogent cependant sur la pertinence d’une telle question. Toujours selon Christoph von Hugo, « cette question éthique ne sera pas aussi pertinente qu’on le croit aujourd’hui ». Dans tous les cas, la voiture autonome aura réagi plus tôt que l’humain, et anticiper d’hypothétiques situations où les lois de la physique rendent le choc inévitable ne fait que retarder la commercialisation de la voiture 100 % autonome, pourtant globalement plus sûre.

Une voiture autonome qui réagit… comme un conducteur !

Et si la meilleure réponse à apporter à ce dilemme était simplement de se dire qu’au lieu de s’imaginer des situations inextricables, il faudrait programmer les voitures autonomes pour anticiper au mieux, et dans le pire des cas effectuer une manœuvre d’évitement… comme un humain ?

En allant dans ce sens, des ingénieurs de Renault ont développé un démonstrateur baptisé Callie, sur base de Zoé. Si une situation d’urgence se présente, la voiture tente automatiquement une manœuvre d’évitement. Celle-ci a été programmée au préalable par le biais d’un apprentissage effectué par des manœuvre d’évitement réalisées par des pilotes. En dehors de toute considération éthique, le véhicule réagit donc de la manière la plus saine possible, d’une façon qui nous est plus coutumière qu’une voiture qui filerait tout droit sur des piétons comme l’étude du MIT peut nous le proposer. Cette manière de travailler semble par ailleurs plus simple à mettre en place que la prise en compte de critères éthiques dans une situation d’urgence où l’ordinateur sur roues n’aura que quelques millisecondes pour réagir.

En bref, tout un article prospectif pour dire qu’avant une diffusion de masse, bien des problèmes restent à régler à propos de la voiture autonome. Des problèmes sur la gestion d’une situation d’urgence donc. Mais avant cela, il faudra aussi faire évoluer les infrastructures, ou bien la législation, puisque la convention de Vienne – dans sa configuration actuelle – ne permet pas de faire circuler un véhicule sans contrôle humain. Il reste du chemin à parcourir avant de pouvoir laisser la main…

Via : Groupe Renault, moralmachine.mit.edu, YouTube Renault Portugal


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