Nous voici arrivés à la troisième et dernière étape de notre périple asiatique. Le Vietnam et le Cambodge sont désormais derrière nous mais avant de reprendre l’avion pour regagner notre bonne vieille Europe un petit séjour à Hong-Kong nous a fait découvrir un paysage automobile nettement plus proche de celui que nous connaissons. Avec toutefois quelques petites nuances, dont certaines bien sympathiques.

De la différence entre un pays en développement et un pays développé

Ce ne sera une surprise pour personne mais le niveau de développement d’un pays peut rapidement se jauger au travers de plusieurs indicateurs immédiatement perceptibles. Le paysage automobile est sans conteste l’un de ces marqueurs et même s’il est bien évidemment important de savoir nuancer son propos en considérant d’autres aspects on peut néanmoins d’emblée avoir un avis. Terminés les scooters en pagaille, les Tuk-Tuk en folie et les japonaises plus ou moins exotiques (encore que), à Hong-Kong nous sommes dans une grande métropole mondiale au niveau de vie très élevé et ça se voit.

Enfin presque parce que le premier contact avec l’automobile dans la RAS (Région Administrative Spéciale) se fait bien souvent en taxi. Or ces taxis sont justement des japonaises exotiques, dans le même esprit financier que sur l’archipel nippon mais sans les gants pour le chauffeur ni les napperons brodés pour les sièges. La flotte, gigantesque et omniprésente, est quasi-exclusivement composée de Toyota Crown Comfort bleues, vertes ou rouges selon les espaces qu’elles sont autorisées à desservir. Un véhicule rustique et plutôt antique puisqu’il date de la fin des années 1990 mais qui s’avère totalement increvable, même après des centaines de milliers de kilomètres.

Moteur diesel ou GPL, propulsion, boîte automatique basique à 4 rapports, équipement technologique inexistant la Comfort est faite pour rouler longtemps, très longtemps et sans problème. Et assez vite également, les chauffeurs faisant peu de cas des limitations de vitesse indiquées, à l’exception très notable des endroits où il est stipulé en gros qu’il y a des radars automatiques… Les passagers que nous sommes sont bien installés à l’arrière, l’empattement étant rallongé sur la plupart des véhicules, mais étonnamment le coffre est très réduit (il y a une partie tronquée pour une raison que j’ignore) et il n’est vraiment pas rare de voir les valises déborder de la malle, le couvercle étant simplement fermé par des tendeurs. Surprenant.On roule à gauche à Hong-Kong, un héritage britannique, plutôt vite comme je le disais plus haut mais sur un réseau routier qui impressionne immédiatement. Il faut dire que la ville est construite sur une multitude d’iles assez montagneuses et qu’il est donc nécessaire de réaliser de grosses infrastructures pour les connecter les unes aux autres. Un enchevêtrement spectaculaire de ponts et de tunnels constitue donc le paysage d’une grande partie du réseau. Mais pas uniquement puisque dès qu’on se retrouve sur l’île de Hong-Kong ou, dans une moindre mesure, sur Kowloon ce sont surtout de minuscules artères souvent extrêmement pentues et toutes plus sinueuses les unes que les autres qui constituent le paysage urbain.

Bienvenue à Tesla Land

Du coup le paysage automobile n’est pas fondamentalement différent de celui que nous connaissons en Europe. La taille des véhicules est assez similaire même s’il n’est vraiment, mais alors vraiment pas rare de croiser les paquebots de près de 6 mètres de cette petite entreprise (qui ne connait pas la crise) britannique passée sous pavillon bavarois et fondée en 1904 par deux hurluberlus du nom de Henri Royce et Charles Stewart Rolls. On notera toutefois, et c’est réellement un plaisir, que le SUV semble pour le moment moins répandu que par chez nous et que la berline reste une valeur sure. Le monospace aussi d’ailleurs, en particulier avec le Toyota Alphard, généralement en version Pullman, et sa « gueule » inimitable qui nous avait déjà tapée dans l’œil au Japon. Une fois de plus les marques asiatiques, japonaises en tête, dominent outrageusement le marché mais pas aussi totalement qu’au Vietnam ou au Cambodge et les européennes sont assez nombreuses. On retrouve les marques premium allemandes bien entendu, des sportives et des voitures de luxe en tout genre mais aussi quelques françaises Peugeot.

Cependant, ce qui marque le plus très rapidement reste la présence massive de la marque californienne Tesla. Les Model S et Model X sont véritablement légion dans la ville au point qu’on renommerait bien Hong-Kong Tesla Land. Il faut dire que la taille du pays (1104 km²) et, bien entendu, son caractère urbain se prêtent très bien à l’utilisation d’un véhicule électrique.

Pourtant en dehors de ces Tesla on ne croise que peu d’autres modèles 100 % électriques et même s’il ne fait aucun doute que les hongkongais sont particulièrement attachés à la propreté, la sécurité et l’hygiène sur leur territoire, l’achat d’une Tesla ne s’assimile pas clairement à une volonté écologique quelconque. Cela dit certains propriétaires affichent leurs convictions sur leur voiture via la plaque d’immatriculation. A moins que ce ne soit leur richesse puisque les plaques minéralogiques s’obtiennent via un système d’enchères…Et pour les autres c’est un bon moyen d’équilibrer leur mix de CO2, en témoigne le garage de ce résident du Victoria Peak dont le parc automobile est assez représentatif du paysage local dans son ensemble.

Et puis il y a des passionnés

C’est une évidence, et on en trouve dans tous les pays du monde, mais il y a aussi d’authentiques passionnés d’automobile dans la grande métropole chinoise. C’est par hasard, chacun sachant parfaitement qu’il fait toujours bien les choses, que nous sommes tombés sur cette petite ruelle vraiment particulière à Hong-Kong. Partant à la visite d’un petit temple authentique de la ville notre regard fut attiré par une belle Brera à la peinture crème matte. En soi déjà rare à peu près partout sur la planète elle ne passait évidemment pas inaperçue dans cet environnement asiatique. Mais là où les sens s’affolent c’est que deux véhicules plus loin c’est une 159 SW qui se dévoile, puis une Fiat Tipo, puis une 500 Abarth, puis un Coupé Fiat et puis, et puis…

Nous venons de nous téléporter en Italie sans nous en rendre compte. L’explication, car bien évidemment il y en a une, est dans cette série de photos :

Bonus, la journée à Macao

Une petite heure de bateau seulement sépare Hong-Kong de la deuxième RAS chinoise, la ville de Macao. Essentiellement connue pour ses casinos qui font d’une grande partie de la ville une sorte de Las Vegas asiatique (mais pas en miniature, bien au contraire, le chiffre d’affaire des casinos de la ville étant tout simplement deux fois plus important que celui de la métropole du Nevada !) la cité est aussi réputée pour son architecture coloniale portugaise atypique dans la région. De fait c’est dans un petit mais aussi superbe morceau de Portugal que l’on se retrouve en arrivant dans la ville. Avec un paysage automobile encore plus proche du paysage automobile européen.

A peine débarqué on remarque que les voitures sont plus modestes qu’à Hong Kong, un peu plus anciennes et un peu plus petites aussi mais on se retrouve aussi immédiatement dans une ambiance automobile sympathique (surtout quand en plus on croise la nouvelle Toyota Sienta en jaune fluo), le débarcadère des ferrys débouchant directement sur les stands du circuit de la ville qui accueille ou a accueilli des compétitions prestigieuses depuis de nombreuses années (Formule 3 ou WTCC).

Et puis vient la surprise du chef, on croise une Renault Latitude, puis une autre, et encore une autre (ce qui dépasse déjà largement le nombre de fois où on le fait en France) puisque dans ce petit bout d’Europe en Asie la berline au losange constitue l’un des choix des taxis locaux. Restons toutefois raisonnables, 90 % des chauffeurs se tournent plutôt vers la Toyota Camry, mais au moins l’honneur est presque sauf, à l’exception de Citroën nous aurons croisé en Asie des représentantes (environ 15…) de nos marques nationales. Youpi c’est la fête !En attendant, Hong-Kong c’est sympa, les gens y sont très agréables (attention c’est assez différent cependant quand ce sont des Chinois de Chine…) les services ultra compétents, la nourriture excellente et les activités nombreuses. Bref, comme pour les autres destinations de nos périples passés (mais aussi probablement à venir) nous n’aurons qu’un conseil : allez-y !

Épisode 1 : le Vietnam
Épisode 2 : Le Cambodge

 


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