Suite à l’article et les photos de Fabien Legrand, The Automobilist, ne reculant devant aucun sacrifice de ses journalistes, vous offre le regard de gamin d’un second rédacteur, avant que celui-ci ne parte s’acheter le poster pour le coller dans sa chambre.

La rencontre avec une McLaren 720S ressemble à la découverte en vrai de la F1, deux décades plus tôt ; on est bluffé par ses formes. Tout en fluidité, la Britannique semble jouer avec l’air et l’on n’est pas coupé du monde à son bord. Pour tout dire, la McLaren est impressionnante, mais pas intimidante comme ces supercars qui vous défient de les approcher ou de les comprendre.
La 720S ne se la raconte pas, c’est nous qui en parlons.

L’utilisation de la fibre de carbone est poussée à son maximum en finition Luxury (notre modèle) ; une histoire qui a commencé en 1981 avec le premier châssis carbone en F1. Il existe aussi un pack Performance, offrant à la voiture un look plus agressif, ainsi qu’une finition Tech, selon la firme britannique

On découvre la McLaren 720S, au showroom parisien de la marque, dans le cadre d’une tournée européenne. La 720S est une rock star avec la vie qui va avec. Le 3 à Paris, le 4 à Monaco, le 5 à… Mais n’attendons pas du bolide qu’il joue les Robert Plant. Il s’agit d’un modèle de pré-série. On n’entendra, ni ne verra, le copieux V8 biturbo de quatre litres.

Modèle de pré-série oblige, le V8 biturbo reste invisible. Et silencieux.  La finition Luxury offre un éclairage pour la baie moteur.

 

Reste cette voiture et ce qui va la singulariser par rapport à la concurrence: ses formes époustouflantes et un intérieur accueillant.

La McLaren 720S est une supercar sans une once de gras. Il n’est qu’à suivre des yeux l’une de ses courbes pour comprendre le secret de sa minceur – faites l’expérience avec la photo ci-dessous ; elle est immédiatement coupée par une autre dès que la forme devient massive. La face avant et l’arrière en sont les meilleurs exemple. Difficile de ne pas la comparer à la F1, dont les galbes parfaits sont toujours d’actualité. Comme si en design, McLaren était passé de son modèle phare des 90’s à la 720S. Une héritière en ligne directe.

 

Les courbes succèdent aux courbes pour prévenir tout embonpoint. 

 

 

Il est difficile de réaliser un volume après l’habitable qui ne soit pas massif, surtout s’il renferme le moteur. McLaren a réussi.

 

Cette voiture, on peine à croire qu’elle a été conçue dans des bureaux d’étude par de sérieux ingénieurs les yeux rivés sur leurs ordinateurs lors d’interminables réunions de validation, dans un décor blanc de blanc où la poussière est priée d’aller voir ailleurs. Et pourtant, cette fluidité n’existe que grâce à de savants et nébuleux calculs et des mois en soufflerie. Sauf que McLaren a su faire mieux qu’une nouvelle supercar au design dicté par l’aérodynamisme ; il a produit une voiture élégante.

La McLaren 720S marque une évolution, voire une révolution en terme de design par rapport à la 650S.

 

McLaren a fourbi sa 720S de deux portes autoclaves à double parois. Fermées, elles canalisent
l’air vers les radiateurs.

 

 

Un plus pour l’accès à bord, plus aisé. McLaren a réduit la largeur des pontons et l’envergure de ses portes.

 

Toute forme à une fonction, répète-t-on chez McLaren. Ici, le couloir d’air au niveau des portières.

 

Si la 720S est impressionnante, elle n’en est pas pour autant intimidante, comme une Koenigsegg. Elles ne jouent pas dans le même catégorie, c’est entendu, mais elles marquent néanmoins deux philosophies différentes. On ressent la même sérénité en pénétrant dans l’habitacle après avoir relevé la porte autoclave. Le volant ne possède aucun bouton. C’est juste un volant. Et la planche du bord suit la même sobriété.

La direction de la 720S possède une assistance électrohydraulique. Selon McLaren, cette technologie propose un meilleur retour d’information de la route que la direction électrique.

 

L’intérieur, une cellule en carbone forgé réalisé en interne, à Sheffield, est tout dédié au pilote. Cuir et aluminium règnent sans partage. 

 

Les sièges à réglages électriques sont en cuir à surpiqure blanche.

 

L’écran central ne livrera pas plus de menus et sous-menus, c’est un prototype.

 

 

Oui, la 720S possède de très petites palettes…

 

A rebours de tant de sportives qui vous coupent du monde réel, l’habitacle la 720S possède une belle visibilité. Une fois les portes fermées, le toit semi-panoramique et l’immense surface vitrée renforcent l’impression de sécurité. Pensée pratique: elle devrait être plus facile à garer qu’une 4C.

 

Les surfaces vitrées de l’habitacle. 

 

L’instrumentation propose un double écran rotatif à 90 degrés derrière le volant. Sur circuit, il ne vous affichera que les informations essentielles.

 

Le châssis adaptatif de la 720S propose trois modes de conduite (Normal, Sport et Track) et le tout nouveau Variable Drift Control. En haut, la partie suspension, en bas, la partie motorisation.

 

Posséder la clef électronique de la 720S sera réservé à environ 300 personnes pour un tarif de 250.000€ (chiffres constructeur).

 

 

Petit rappel sous le pied du conducteur du patronyme du véhicule que vous conduisez ce jour. Pratique en cas de grosse collection automobile.

 

Les blocs optiques de la 720S innovent: ils ont un double emploi, l’éclairage et le guidage de l’air vers le moteur via la cavité située sous la barre de leds. Dotés d’un style très italien, ils sont une partie importante de l’identité visuelle de cette McLaren.

Chaque phare possède 17 leds dont 12 sont directionnels via le volant.

 

Au delà du design, la partie située sous la rangée de leds est également chargée de filtrer l’air turbulent pour le rediriger vers le moteur.

 

Le coffre avant possède une contenance de 150 litres, rare dans ce segment.

 

L’espace de rangement derrière les sièges atteint 210 litres.

Les sorties d’échappement sont singulièrement hautes sur la McLaren, situées au niveau des phares. C’est bien plus haut que sur les Ferrari 488 et Lambo Huracan.

 

La finition Luxury et ses ajouts de fibre de carbone permettent de faire encore tomber le poids de la 720S, 1283 kg (chiffre McLaren) en modèle de base (sans les options et les fluides). 

Les nouvelles jantes à dix branches de la 720s renferment des disques perforés en carbone-céramique.
Les pneumatiques sont des P Zero Corsa Pirelli spécifiquement développés pour la supercar.

 

Pour un appui optimal, la voiture a été conçue comme un piège a air. Elle l’attrape dès les passages du capot avant, puis de ses flancs creusés sur les portières, mais aussi au niveau des bas de caisse. La McLaren le propulse ensuite vers les custodes arrières. La voiture est parée d’un aérodynamisme sans pareil.

Des entrées d’airs de haut en bas, de l’avant à l’arrière: la 720S est conçue comme un piège à air. La marque britannique affirme avoir multiplié par deux l’appui par rapport à la 650S,

L’aileron de la 720S est également un aérofrein. Il compose toute la partie haute de l’arrière du véhicule.

 

Ambiance Star Trek au showroom parisien de McLaren. Avez-vous remarqué à quel point les logos de ces deux entités se ressemblent ?

 

La McLaren 720S est le premier modèle du programme Track 22. Ce projet ambitionne de développer une quinzaine de restylages et nouveautés pures d’ici à 2022. Le budget alloué serait de 1.4 milliard d’euros. Il couvrirait le thermique, l’hybride et le 100% électrique.

Il sera intéressant de voir si la 720S aura des descendantes -qui répétons- le vient de loin, de la fabuleuse F1 – afin de constater si elles seront aussi ambitieuses. Mais dès à présent, notre voiture va faire, elle, le bonheur de 300 personnes contre un virement de 250 K€ (chiffres McLaren), et des gamins qui s’offriront le poster, si toutefois une telle chose existe encore.

Photos © Olivier RODRIGUEZ

 

 


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