Renault ne se contente pas de sortir l’artillerie lourde avec la Megane RS à Francfort : il conforte sa position dans la voiture électrique tout en nous parlant de conduite autonome. Avec la Renault SymbioZ, le constructeur revient à nombreux de ses fondamentaux. A la fois monocorps, électrique et « voiture à vivre », ce concept car reprend à son compte de nombreux marqueurs du Losange, tout en se projetant dans le futur. Doit-on y voir le langage qui sera déployé sur les prochaines générations de Renault ? Tour du propriétaire.

SymbioZ, les gênes d’une Renault

Monocorps, une partition que Renault connaît bien. C’est un genre exploré dans diverses études de taxis de l’après-guerre puis dans des maquettes sans lendemain des années 50. C’est surtout le succès de l’Espace, né Matra auquel Renault a donné vie, qui liera à jamais cette architecture au patrimoine de la marque au Losange. Ajoutez à cela la Twingo, le Scénic, et même des velléités monovolumes dans le haut de gamme comme le concept car Vel Satis de 1998 et surtout l’Avantime, dernière Matra.

Electrique, c’est le cheval de bataille de l’Alliance Renault-Nissan depuis 2010. Une excentrique Twizy qui cherche encore une clientèle, une Fluence ZE qui promettait un monde meilleur (Better Place), mais surtout des Kangoo ZE et Zoe plus en phase avec les réalités du marché, fut-il subventionné.

Voiture à vivre, c’est dans l’ADN du Renault d’après-guerre. On pense à la 4L, à la R16, à la R5 mais surtout au slogan des années 80, jetant aux orties des décennies de voitures arrogantes, statutaires, énergivores : l’époque avait changé et Renault (et Publicis) l’avaient bien intégré. Et l’on en revient à l’émergence de l’Espace…

C’est justement le fil conducteur du discours de Laurens Van Den Acker : la voiture doit intégrer son écosystème et non s’en isoler (l’idée avait déjà été abordée ici l’an passé avec le livre Renault = Present), elle doit tenir compte de l’évolution et des changements majeurs comme le tournant vers l’électrique, la connectivité, la conduite autonome ou les nouveaux modes de vie.

Et Renault ne se limite pas à présenter le concept car SymbioZ à Francfort : il imagine la maison qui l’accompagnerait. Voiture et habitat font partie du stand allemand. Vous avez dit voiture à vivre ? La voiture ne fait pas que se connecter à la maison, elle s’en rapproche aussi via une plateforme mobile, elle peut s’isoler de l’habitat ou s’y ouvrir, comme une extension de la maison, une pièce supplémentaire. La maison et la voiture vivent aussi en… symbiose pour ce qui est de leur consommation d’énergie : la charge de la voiture est adaptée aux trajets à venir afin d’éviter toute surconsommation, par exemple.

Mais revenons à la Renault SymbioZ : c’est une berline monocorps basse longue de 4,70 m et large de 1,98 m. On retrouve le thème de la bulle, chère à Renault et exploité aussi bien sur des modèles de série (Fuego, 11/Encore, 25…) que sur des concept cars du passé (Racoon, Megane…). Pour autant, le design est résolument futuriste. La surface vitrée est généreuse tandis que la face avant réinterprète le visage actuel des Renault, toujours paré d’un « C » lumineux et mettant en scène un grand losange porté par des barrettes constellées de sources lumineuses.

Les portes antagonistes doublées d’une ouverture de la zone vitrée en papillon découvrent un habitacle devenu salon. On n’a jamais été aussi bien sur Terre que dans le SymbioZ ? Avouez que la disposition des fauteuils en face à face accompagnés d’une console rappellent l’époque des monospaces à sièges pivotants. Les matériaux renvoient à l’univers de l’habitat : feutre, bois, marbre fin pour la table basse, porcelaine… Le poste de conduite s’escamote : colonne de direction, volant et planche de bord reculent sur 15 cm lorsque l’on opte pour la conduite autonome. Le conducteur dispose d’un grand écran OLED de 80 cm de large devant lui a moins qu’il ne préfère faire pivoter son fauteuil afin de profiter de l’ambiance « salon ». Détail original, de petits écrans tactiles sont intégrés à chaque ceinture de sécurité pour contrôler les différents équipements comme la climatisation ou l’infotainment.

Electrique et autonome

SymbioZ est une voiture autonome, comme la tendance le veut, mue par deux blocs électriques situés dans chaque roues arrière. L’avantage de cette architecture est aussi de dégager l’espace habitable. Voiture à vivre jusqu’au bout. La puissance combinée est de 500 kW (ou 680 ch) pour un couple gargantuesque de 660 Nm. Malgré une autonomie annoncée comme supérieure à 500 km sur autoroute, la Renault SymbioZ expédie théoriquement le 0 à 100 km/h en moins de 6 secondes. Les batteries de 72 kWh peuvent être chargées par induction (80 % en 20 minutes).

Autonome, la Renault SymbioZ vise la conduite « Mind Off », permettant, à travers ses diverses technologies, de se laisser conduire sans jamais avoir à intervenir.

De nombreux partenaires de Renault sont intervenus sur ce concept : LG pour l’IHM, Ubisoft et IAV autour de la conduite autonome, Devialet pour l’ambiance acoustique, Sanef pour la communication entre la voiture et l’infrastructure routière, TomTom pour la partie GPS.

Renault nous propose ici sa vision de la voiture à vivre du futur, un futur proche : 2023, selon la marque.

Ci-dessous, nos photos en direct du salon de Francfort 2017 :

La Renault Symbioz en video

Via Renault, Youtube.

 


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