C’est décidé. En 2030, c’en sera fini de la voiture thermique en Allemagne. 10 ans plus tard, c’est la France qui lui emboitera le pas. Des décisions fortes, prises à l’interface entre conscience écologique – si tant est qu’à terme, il soit possible de produire en masse une électricité verte, et de maitriser l’impact de la fabrication et du recyclage des batteries – et effet d’annonce politique. C’est dans ce contexte en rapide évolution que Ionity voit dès à présent le jour.

Commencer le déploiement dès aujourd’hui

La réalité du terrain impose cependant de commencer à mettre en place les infrastructures pour accompagner la transition vers ce nouveau type de motorisation. Rome ne s’est pas faite en un jour, et la construction d’un maillage cohérent de bornes de recharge à même d’absorber une forte densité de trafic ne prendra sans doute pas beaucoup moins de temps.

En créant la Joint Venture Ionity, BMW, Daimler, Ford et le Groupe Volkswagen mettent donc un pied dans ce qui sera bientôt une problématique pour toute l’industrie automobile. Dès 2017, 20 stations de recharge ultra-rapides verront le jour sur les plus grands axes allemands, autrichiens et norvégiens. A terme, 400 bornes seront déployées le long des grandes routes européennes. C’est, selon Michael Hajesch, béhèmiste aux manettes d’Ionity, la condition préalable à l’explosion du marché du véhicule électrique. La Joint Venture travaille avec les pouvoirs publics et d’autres constructeurs, afin d’offrir aux clients une distribution homogène des stations de recharge.

350 kW de puissance

Cette nouvelle génération de bornes est équipée de prises aux standards européens CCS (Combined Charging System). La puissance maximale délivrée s’établira à 350 kW. A titre de comparaison, la première génération de Supercharger Tesla délivrait 120 kW, la seconde entre 135 kW et 145 kW. Elon Musk ne veut cependant pas être en reste très longtemps, puisqu’il a annoncé, via son canal de communication préféré, le déploiement prochain d’une troisième génération de Supercharger délivrant quant à elle… 350 kW ! Ce ne sera pas de trop pour alimenter les batteries d’une gigantesque capacité de 200 kWh sur le nouveau Roadster !

Avec une telle puissance de 350 kW, le chargement à 80 % d’une batterie de capacité équivalente à celle d’une Tesla Model S pourrait se faire en un quart d’heure. Les derniers pourcents seraient en revanche bien plus lents à récupérer, la puissance restituée à la batterie étant alors bridée pour conserver son intégrité dans la durée.

Une fois tout le réseau installé, il faudra surveiller sa capacité à absorber les besoins en énergie de tout le trafic automobile. La charge reste encore bien plus lente qu’un (archaïque ?) passage à la station essence. Le risque de formation d’un goulot d’étranglement sera donc décuplé sur des axes fréquentés. Mais également s’intéresser à la pollution globale, « du puits à la roue », induite par la généralisation du tout électrique. Le mode de propulsion de l’automobile de 2040 se décide aujourd’hui. Il ne faudrait pas être confrontés à un « Electric gate » dans quelques décennies…

Via Ford


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