Il fut un temps, pas si éloigné, où les catégories étaient indépassables. Où les archétypes automobiles étaient infranchissables. Un coupé de sport devait toujours avoir 2 portes. Un tout-terrain ne pouvait pas être sportif. Et une berline se devait d’être spacieuse. Avec l’arrivée des niches et la recherche toujours plus poussées de nouveaux positionnements, des carrosseries inédites sont arrivées : la berline coupé, le 4×4 coupé, ou encore SUV sportif.

La catégorie des monospaces, sur le déclin, a été épargnée, bien que des rumeurs ont évoqué un projet de ce type chez Porsche dans les années 1990. Mais qu’en est-il de cette forme ultime de liberté automobile qu’est la maison roulante, le camping-car ? Et si le vrai luxe, c’était d’en avoir un ? Et si demain, les marques de haut-de-gamme venaient à en proposer leurs visions ? 

Les campings-car d’ultra-luxe

L’ultra-luxe, jusqu’à il y a peu, c’était la berline. Que dis-je, la limousine. La saloon. La Sedan. Bref, la silhouette tricorps où, à l’image de la Citroën DS Présidentielle carrossée par Chapron en 1968, l’objectif est d’être toujours plus long que les autres. Les temps ont changé, mais doucement. On ne bouleverse pas une catégorie où les cycles de vie sont plus longs que la moyenne, et où les délais de conception dus à la complexité maximale des voitures rallongent d’autant les renouvellements de gamme. Ainsi, si la décennie 2000 fut celle des Rolls Royce Phantom, des Maybach 62 ou des Bentley Arnage, la décennie 2010 n’a évolué qu’à la marge avec une nouvelle Phantom, toujours plus imposante, une Mulsanne plus arrondie et une Maybach toujours plus Classe S.

Les ferments de la révolution sont pourtant là : ils s’appellent Bentayga, Maybach GLS ou Cullinan. Oui, le tripôle d’ultra haut-de-gamme passe au SUV. Et si d’aventure il passait aussi aux vans de camping ? Devenues de véritables maisons roulantes, ces interprétations au style de mastodonte reprennent pour Rolls la calandre en temple grec, et pour Maybach le style des concepts « Vision ». Sans oublier le chic de leur lignée : flûte de champagne, ciel de toit étoilé…

Les vans américains

Si les premiers camping-car remontent au début du siècle dernier en Europe, ils se sont surtout développés après la Seconde Guerre Mondiale grâce aux congés payés dans une Europe en paix retrouvée, et grâce à l’Etat-Providence aux Etats-Unis dans une aspiration totale à la liberté de se déplacer. Plus que des dérivés d’utilitaires à l’européenne, les vans américains sont carrément déclinés à partir de camions ou d’autocars. Or les marques premium US sont passées à côté de ce marché : ni Lincoln, ni Cadillac en vue. Cela n’empêche pas d’envisager le style qu’une telle proposition pourrait avoir !

L’arrivée de Tesla ces quinze dernières années dans le paysage automobile peut-elle changer quelque chose ? Le constructeur californien, promis à l’échec à chacune de ses innovations ou de ses lancements, se déploie de tous côtés, des sportives aux semi-remorques. Or justement le Semi, et son côté galet ultra lisse en façade avant, semble convenir à une transformation de type van ! Est-ce là le prochain coup d’Elon Musk ou, plus sûrement d’un préparateur / carrossier dans les années 2020 ?

Les campings-car de sport !

Voici enfin l’idée la plus contre-intuitive qu’on puisse imaginer : rendre des campings-car sportifs. Aérodynamisme de frigo, suspensions chewing-gum, masse en surcharge permanente, rien ne fait d’un van une limeuse de bitume. Et pourtant. C’est ce qu’on disait des SUV et Lamborghini, Maserati ou Porsche le premier ont prouvé qu’ils pouvaient en faire des modèles aux prétentions dynamiques élevées, pour ne pas dire inattendues. Dans le genre, Alfa Romeo est allé loin, en remportant le record du tour du Nürburgring avec son Stelvio Quadrifoglio.

Eh bien justement, que donnerait un camping-car Alfa ? Ou même mieux, Ferrari ? On remarque les traits issus des productions actuelles, la FF pour l’un, le Stelvio donc pour l’autre. Et côté BMW aussi on pourrait envisager la chose : le X7, voulu pour les marchés américain et chinois, arborera une silhouette pour le moins massive… Mais on n’imagine pas que la marque premium allemande laisserait la place aux seuls labels italiens si une telle niche venait à voir le jour !

Ces illustrations sont bien entendu des vues d’artistes mais elles permettent, à leur mesure, d’imaginer ce futur parallèle du marché automobile qui nous attend peut-être… ou peut-être pas.

Source : Compare the market – tous droits réservés

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