Alors que l’on pensait que le teaser durerait quelques jours, au moins jusqu’au 14 ou 15 août c’est à dire la veille de l’ouverture du concours d’élégance de Pebble Beach, Infiniti a pris tout le monde de vitesse en dévoilant très vite son Prototype 9 et sa belle allure rétro-sportive qui plaira aux amateurs d’anciennes mais aussi à ceux qui aiment l’automobile contemporaine et même ceux qui ne jurent que par les véhicules électriques.
Avec l’Infiniti Prototype 9, le constructeur japonais tente de réunir les éléments précédents et si certains trouveront très vite à redire, ce Prototype 9 fait plaisir à voir et nous change de l’uniformisation « essuvéïsante » qui est actuellement en marche et risque fort de « pourrir » à moyen terme le monde automobile et encore plus sa diversité.

J’ai fait un rêve

Il y a eu le premier discours du constructeur que nous que nous vous avons présenté hier mais Infiniti aurait très bien pu nous parler comme ceci :

« Imaginez. Vous êtes au milieu des années 30. Vous êtes un ingénieur japonais avec une vraie passion pour les avions et les automobiles rapides et élégantes. Imaginez qu’au détour d’un journal ou d’une photo vous venez de voir, pour la première fois, une Mercedes-Benz W25, l’une des Flèches d’Argent du prestigieux constructeur allemand. Et là vous vous dites que cette voiture puissante, élancée et sportive est ce qui se fait de mieux en 1935, notamment sur la piste quand elle est pilotée par Rudolf Carraciola ou Manfred von Brauchitsch. Et d’un coup, d’un seul vous vous dites que vous voulez faire la même en version japonaise… » Mais vous êtes en 2017 !

La probable inspiratrice, une des plus belles voitures de course de l’histoire automobile, la Mercedes W25 ou la voiture de l’épopée des Silver Arrows. On pourra aussi y avoir de l’influence des Maserati V8 RI et Talbot Lago T26.
[ndla : certains parlent de W196 mais dans l’esprit on est bien plus proche des Mercedes de course des années 30 que de celles des années 1954 à 1958]

Exit donc les courses sur les grands bankings des prestigieux circuits européens (Brooklands, Monza, Avus) ou les grands tracés comme Reims-Gueux ou le Nürburgring, place aux courses urbaines sur des tracés plats, quasi sans intérêt, sans relief et la tendance du moment est au moteur électrique plutôt qu’au L8 3.4 ou 4.3 L Supercharged qui ronflent autant qu’un moteur de chasseur à hélice de la Seconde Guerre Mondiale quand ils sont à pleine charge.
Comme vous travaillez, avec vos amis designers et ingénieurs, pour une prestigieuse marque automobile, vous avez aussi quelques contraintes comme reprendre l’identité visuelle et le logo de la firme mais aussi la technologie employée par une nouveauté du groupe industrielle, en l’occurrence, la prochaine Leaf Mk2.

Fort de tout ces éléments et d’une vraie liberté laissée par le patron du bureau de style de l’entreprise Alfonso Albaisa, malgré sa surprise, vous vous lancez dans la création d’une voiture de sport élégante, néo-retro et capable d’être « posée » sur une plateforme ou structure dans l’air du temps.
Au delà de la très claire influence des années 30, le Prototype 9 dispose d’un chassis surbaissé (pack de batterie oblige) et reprend la typique calandre des Infiniti de série mais on notera aussi derrière les roues avant, un évent qui n’est pas sans nous rappeler celui qui est présent sur les ailes avant du coupé Q60. Les plus attentifs auront aussi remarqué la mise en volume du logo Infiniti au bout du long capot qui n’est pas sans rappeler ceux que posaient les marques sur leurs autos entre 1920 et 1980.

Les designers ont aussi habillé « aérodynamiquement » les bras de suspensions et poussé le coté « Thirties » du Proto’ 9 jusqu’à créer de faux freins à tambours qui masquent des vrais disques. La sportive est posée sur des roues à rayons à fixation par écrou central de 19 pouces de diamètre. Là encore certains crieront au « fake » mais l’ensemble est fort bien réalisé par les artisans japonais et on y croit.

Pour créer et surtout réaliser cette auto, Infiniti a fait appel à des maitres artisans de Nissan Takumi (ce sont eux qui, par exemple, assemblent à la main les moteurs des GT-R) au savoir et à la qualité de travail irréprochable puisqu’ils ont sur associer travail à l’ancienne et modernité comme le montrent les photos ci dessous.

Avec les dessous électrisants de la nouvelle Leaf

Techniquement, l’Infiniti Prototype 9 s’habille d’une carrosserie entièrement façonnée à la main qui couvre un mini cockpit ouvert prévu pour une personne, ou plus exactement un pilote. On regrette d’ailleurs qu’Infiniti ne nous propose pas pour l’instant de photo du cockpit et/ou de la mini planche de bord.
La voiture avance les dimensions suivantes :

L : 4.33 m
l : 1.82 m
h : 0.91 m
Poids : 890 kg

Le Prototype 9 est propulsée par le nouveau moteur de la nouvelle Nissan Leaf c’est à dire un groupe propulseur électrique fort de 110 kW (150 ch) et 320 Nm. Avec cette motorisation la sportive néo-rétro d’Infiniti revendique un rapport poids/puissance de 5.933 kg/ch ou 8.09 kg/kW ce qui laisse augurer de bonnes performances.
Le moteur électrique est alimenté par une batterie de seulement 30 kWh (surement pour le poids) qui permet à l’auto de rester environ 20 minutes en piste en « tapant » dans les chevaux. L’auto revendique une Vmax autolimitée de 170 km/h et un exercice du 0 à 100 km/h expédié en seulement 5.5 secondes.

Reste que cette Infiniti est une agréable surprise qui devrait faire soin effet la semaine prochaine sur le gazon bien vert du concours d’élégance de Pebble Beach durant la Monterey Car Week qui débute dans 72 heures.
A suivre et à revoir en mouvement dans une prochaine vidéo.

NDLA : les Mercedes Benz W196 ci dessous, de l’époque de Fangio que certains évoquent sont assez loin de la Prototype 9.

Et pour mémoire la W25 avait déjà inspiré un concept car, chez Mercedes Benz, la Silver Lighting Concept qui n’a pas vraiment marqué les esprits…

 

Via Infiniti.


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