Ce nom ne vous dira peut être rien et pourtant c’est un nom important du monde automobile et sportif qui s’en est allé ce samedi 29 juillet 2017.
Georges Martin était né le 14 mars 1930 à La Ferté-Allais dans l’Essonne. Ingénieur diplomé de l’École Spéciale des Travaux Publics, il débute sa carrière à la fin des années 50 chez Simca à Poissy comme ingénieur moteur au service des motorisations des modèles de série.

Après avoir débuté comme simple ingénieur moteur, il se voit confier des études et des projets plus importants. Il est celui qui conçoit le moteur « Poissy » qui sera le moteur présent lors du lancement de la compacte de Simca en 1967, la 1100.
Au moment où la Simca 1100 arrive sur le marché, Georges Martin a déjà changé d’employeur puisque depuis fin 1966, il travaille chez Matra où il est entré sur les conseils de Philippe Guédon.

Il arrive chez Matra dirigé par un jeune et bouillant patron qui fait alors feu de tout bois, un certain Jean-Luc Lagardère. Matra emploie G.Martin comme ingénieur… sans fonction ou affection précise. Les semaines et les mois passent. Puis un jour, Lagardère vient le voir sans prévenir et au fil d’une discussion lui apprend qu’il va avoir en charge la création d’un moteur destiné non pas à la grande série mais à la compétition et plus particulièrement à la Formule 1.

C’est Georges Martin avec la complicité de Jean François Robin, Bernard Boyer et Gérard Ducarouge, qui crée le fameux  moteur V12 Matra Sports qui s’illustra en F1 mais aussi et surtout sous le capot arrière des Matra MS670. La voiture équipée du V12 3.0 L remporta les 24 Heures du Mans 1972, 1973 et 1974 et permis à Matra de gagner deux titres de champion du monde des voitures de sport (WSC) en 1973 et 1974. Ce fameux et mélodieux V12 qui développait bien plus de 450 ch restera en piste en F1 jusqu’en 1982 sous les capots des Shadow et surtout des Ligier pilotées par Jacques Laffite, Jean Pierre Jabouille et Jean Pierre Jarier.

Alors que le moteur V12 est toujours en course au début des années 80, Georges Martin travaille sur un autre projet, celui d’un moteur V6 1.5 L Turbo qui doit prendre la relève du 12 cylindres en reprenant le principe technique développé par Renault, Ferrari et Hart. Ce moteur MS 82 très en point d’un point de vue technique devait être capable de développer entre 700 et 800 ch au banc à 12.000 trs/min.
Hélas après des essais convaincants, en novembre 1981 des considérations stratégiques et financières entravèrent son entrée en service en F1.  A l’époque l’écurie Talbot-Gitanes de F1 est la seule représentation de PSA en compétition mondiale mais le constructeur sochalien refusa les factures de Matra car ils les estimaient trop élevées.
C’est le début de la fin des relations Peugeot-Matra en course mais aussi pour la série. Le début de 1982 voit la fin des Murena et Rancho et surtout marque le refus de PSA d’un projet Matra innovant, celui d’un monospace familial qui aurait du être construit sur la plateforme de la Solara à moteur 1.6 L. Bernard Hanon, alors PDG de la RNUR n’hésitera pas et le projet rejeté par Peugeot donnera naissance à l’Espace en 1984.

Hélas, la fin du projet du moteur MS 82 sonne un peu comme un condamnation pour Matra puisque Renault met la pression sur Matra en met dans la balance la fabrication de l’Espace en échange du retrait de Matra et de son V6 Turbo de la compétition afin de laisser le champs libre à Renault Sport et à ses voitures. En effet avec l’accord sur l’Espace Matra doit alors tirer un trait définitif sur son projet de devenir le motoriste de l’écurie de Franck Williams. Georges Martin est alors abattu car Patrick Head qui avait découvert ce fameux V6 Turbo n’en avait fait que des éloges à son patron en estimant à l’époque que c’était surement un des meilleurs blocs du moment si ce n’est le meilleur moteur.

L’abandon du projet imposa à Georges Martin de réduire son équipe puis de la « liquider » en plaçant au fil des années la cinquantaine de personnes qui travaillaient avec lui dans d’autres entreprises. Une chose est en tout cas quasiment sure, si ce moteur MS 82 avait couru, les choses en F1 dans les années 80 auraient probablement été un peu différentes.

Georges Martin restera chez Matra jusqu’en 1992 puis quittera l’entreprise après 26 ans de service au sein de l’entreprise dirigée par Jean Luc Lagardère.

En mémoire, la F1 MS11

la MS670C

Le V12 dans la Ligier-Matra en 1972 à Monza

Nos condoléances vont à sa famille et ses proches.

Via Matrarama, Wikipédia, Racingmania, L’Autojournal, Youtube, Autodrome de Linas Montlhery.

 


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