Les promoteurs du FIA WRX savourent chaque année ce moment. Ce fameux instant qui ouvre la saison sur un circuit badgé F1. Sur la piste de Barcelone, dans un cadre il est vrai imposant, le WRX Circus pose ses premiers jalons.
Après une période hivernale marquée par l’apparition d’un championnat RX sur glace dans le nord de l’Europe, les protagonistes du Rallycross mondial piaffaient d’impatience comme en témoigne les grands travaux entrepris lors des séances d’essais officiels de pré-saison à Lohéac ou Silverstone.

En fait, rien ne sera plus comme avant. Même si globalement, le plateau reste le même quand aux principaux favoris de cette saison 2018. Quinze Supercars bénéficient de l’entrée permanente.

VAG à la relance après le titre de 2017

Parmi les 15 Supercars engagées pour toute la saison, nous retrouvons, bien entendu, les deux Volkswagen Polo de Johan Kristoffersson et Petter Solberg, dominatrices en 2017. Derrière cet engagement de PSRX Volkswagen Suède, il y a évidemment la logistique technique de VW Compétition avec, on l’a vu la saison dernière, un constant développement en amont des châssis moteurs et liaisons au sol.
Dans une discipline ou la maîtrise totale de tous les paramètre est quasiment impossible, on a vu les deux Polo ‘’officielles’’ progresser d’une manière spectaculaire à chaque changement de condition de piste.
Les deux autos furent efficaces presque partout, bien aidées il est vrai par un Petter Solberg au sommet de son art dans l’exercice des réglages opportunistes. Le jeune Kristoffersson fut sacré, mais sans doute parce que Petter, jusqu’au bout fut un équipier modèle. On verra s’il en est ainsi cette saison. C’est sans doute la partie la moins maîtrisée par le staff VAG et quand on connaît le formidable esprit de battant du Norvégien, impossible de dire si son jeune ami suédois aura les mêmes cartes en main, beaucoup concédées par sa majesté Petter himself en 2018.
Pour compléter l’armada du géant allemand, par l’intermédiaire du team de Mattias Ekstrom, le groupe VAG soutient aussi les deux magnifiques Audi S1. Avec un renfort de taille puisque Andreas Bakkerud vient renforcer le team. Andreas est sans doute un champion du monde en puissance. Lui reste à trouver la sérénité nécessaire à une marche triomphale.
Avec Ken Block l’an passé, on imagine l’opposition des styles. L’Américain vit comme il pilote, rudement. Même si Andreas ne laisse pas sa part aux chiens sur la piste, dans la vie c’est un jeune homme qu’il fait bon rencontrer sur un paddock. Le contraire du champion du monde You Tube. Alors, la paire Ekstrom/Bakkerud sera sans doute aussi opérationnelle que celle de VW. Ces Audi là ne seront jamais loin des podiums.

PSRX Volkswagen World RX Team Sweden : Volkswagen Polo WRX 2018

EKS Audi Sport : Audi S1 WRX 2018

Peugeot, l’unique programme mondial

Ayant tout montré ou presque en rallye raid, PSA a fait du championnat du monde de Rallycross son objectif prioritaire et son seul engagement officiel en championnat du monde. Bruno Famin, le big boss de la compétition a assez mal digéré le delta technique constaté en 2017 face aux VW. Cette année, tout ou presque change. C’en est fini d’une gestion à double commande.
Désormais, le constructeur français est aux manettes, Kenneth Hansen et sa structure sont devenus des opérateurs privilégiés certes mais seulement en seconde position derrière Peugeot Sport. Un gros bataillon d ’ingénieurs de Vélizy accompagnera désormais les 208 WRX officielles dans leur périple mondial. Un premier aperçu en a été donné lors de la première séance d’essais de pré-saison à Lohéac où une salle technique mobile avait été apportée avec, à l’intérieur, une belle ribambelle de têtes pensantes massée autour des écrans de contrôle et de calculs. Sébastien Loeb et Timmy Hansen auront un seul objectif : faire bien mieux qu’en 2017 qui avait vu les Lionnes un peu en retrait des teutonnes.

Peugeot Total RX Team : 208 WRX 

Sébastien Loeb Racing Team : Peugeot 208 WRX 

Ford, une structure privée très soutenue par Detroit

Plus d’engagement officiel. Le ‘’sympathique Ken Block est reparti à ses tournages. C’est donc le team Olbergs MSE qui aura à charge de défendre les intérêts de l’Ovale. Deux Fiesta ST revues et corrigées équiperont l’écurie qui revient en Europe après une saison en Global Rallycross. Il serait bien étonnant que l’on ne retrouve pas quelques ingénieurs de Detroit dans la structure du grand Eriksonn. Andreas ne s’en cache pas, il n’hésite d’ailleurs pas à remercier Mark Rushbrook, le directeur mondial de Ford Performance Motorsport pour son soutien indéfectible et sa coopération dans ce nouveau projet passionnant et de dire : « Ce partenariat a donné ce que je crois fermement être la meilleure voiture de rallycross que nous ayons jamais produite. » 
Le moins que l’on puisse c’est que le patron suédois semble des plus confiants pour 2018. On a pu constater la belle pointe de vitesse de Kevin Eriksonn, nul doute que le jeune Suédois aura à cœur de bien faire d’autant qu’Andreas, le patron de la structure lui met dans les pattes une sacrée pointure en la personne de Robin Larsonn, champion d’Europe en 2014 qui quitte son Audi et trouve une monture sans doute aussi grandement efficace.

Olsbergs MSE : Ford Fiesta Supercar WRX 

STARD : Ford Fiesta Supercar WRX

Les nouveaux arrivants : Renault et Hyundai

Trois nouvelles marques font leur apparition cette année en WRX. On attendait la marque coréenne à vrai dire depuis quelque temps puisque la Hyundai I 20 WRC a depuis pas mal de temps démontré le travail réalisé par l’équipe de Michel Nandan. C’est donc Markus Gronholm qui a décroché la timbale asiatique puisque c’est son fils Niclas qui aura la rude tâche de faire débuter la voiture dans la discipline. Il sera assisté d’une sacrée pointure puisque c’est l’ancien champion d’Europe Timur Timerzyanov qui accompagnera le Finlandais dans la découverte du potentiel de la Hyundai I20 WRX.
Une seconde marque française, et oui, la discipline n’est pas que scandinave, arrive cette année dans le WRX. Le projet fut initié par Guerlain Chicherit qui a mené un beau programme : faire rouler une Megane 4 dans la discipline. La voiture est construite par Prodrive en Angleterre. Nous reviendrons plus longuement la semaine prochaine sur les caractéristiques techniques de cette nouvelle arme tricolore. Chicherit et Grosset-Janin ont inscrit l’intégralité du championnat du monde. Nouvelle équipe française aussi fera ses débuts en WRX puisque tout bonnement, c’est le Sébastien Loeb Racing qui engage une Peugeot pour Grégoire Demoustier qui tentera de faire bonne figure dans ce lot très relevé.

GRX Taneco Team : Hyundai i20 Supercar

GC Kompetition : Mégane RS RX ou la nouveauté de la saison

Les Dubourg et Beduneau en ERX

Cette saison, pas de Dubourg family en WRX. Jean-Baptiste s’en est allé chez G-Fors, la structure de Chicherit pour développer la Clio du team français tandis que son frère Andréa hérite d’une des Peugeot du team Dubourg. L’Angevin Florent Beduneau, vu souvent à son avantage les dernières saisons en France, ira lui aussi ferrailler dans ce championnat d’Europe qui fera escale cette année en Espagne, en Belgique, en Suède, en France et en Lettonie. Au hasard de la première liste des engagée on relève le nom de Anton Marklund, le champion sortant, Thomas Bryntesson, Ulrik Linneman ou René Münnich, des durs et rudes concurrents pour nos Français qui désormais appartiennent eux aussi au gratin mondial et européen de la discipline.

Une grande saison qui s’annonce avec quand même une immense interrogation : IMG, le promoteur et la FIA se penche sur l’avenir du WRX. Pour l’instant la tendance lourde (trop ?) s’oriente vers une électrification de la discipline.
C’est évidemment une énorme boulette que de penser que les spectateurs se satisferont de cette motorisation. Une cote mal taillée sans doute mais nécessaire devra sauvegarder le spectacle, l’ADN du Rallycross. Impossible de mettre dehors ces magnifiques bestioles de course que sont les WRX thermiques. N’en déplaise aux constructeurs, il se vendra encore longtemps des véhicules fonctionnant à l’énergie fossile même si les patrons des services marketing des marques pensent avoir trouver la mine d’or en électrifiant leur gamme. Alors Messieurs les législateurs, ne jetez surtout pas le bébé avec l’eau du bain.

Le calendrier WRX et ERX

Via FIA (calendriers)
Crédits photos : FIA et toutes les équipes du championnat


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