C’est LA nouveauté française de l’année. Celle qui clôture la décennie des Minispace Citroën et la remplace par celle des Mini SUV. C’est sur ce marché ultra concurrentiel que Citroën lance son nouveau fer de lance, le C3 Aircross. Moitié citadine, moitié SUV, cette nouvelle auto s’annonce particulièrement fun si l’on en croit les derniers spots publicitaires. Alors, une fois derrière le volant, est-ce vraiment le cas ? Réponse sur les routes et chemins de Corse.

C3 Aircross

Un extérieur moderne

De l’extérieur, le C3 Aircross reprend le style ludique et dynamique de la petite C3. La filiation est indéniable tant l’un semble être le prolongement de l’autre. Cependant, du fait de son caractère assumé de mini 4×4, ce petit C3 Aircross se retrouve haut perché. En effet, avec 1,65m de haut pour 1,76m de large et 4,15m de long, le mini SUV se veut citadin et… SUV. De profil, le côté SUV est également bien assumé et donne à cette Citroën un véritable look de baroudeur. On retrouve d’ailleurs ce look tout autour de l’auto, aussi bien via les passages de roues et les élargisseurs d’ailes proéminents que via les barres de toit. La ceinture de caisse est assez haute mais permet tout de même la conservation d’une belle surface vitrée. La ligne remonte légèrement au niveau de l’aile arrière, donnant l’impression que la voiture est encore plus courte qu’elle ne l’est en réalité. Afin de garder de la lumière à l’intérieur et de dynamiser le style extérieur, la custode arrière se voit agrémentée d’un sticker habillant ainsi le profil. A l’avant, le capot plutôt haut et horizontal permet au C3 Aircross de rappeler encore un peu plus la C3 standard. Si cela ne vous attire pas l’œil pour le moment, nous nous sommes faits plusieurs fois avoir en croisant de simples C3 et en étant persuadé d’avoir en face de nous des versions Aircross.

Question face avant, le C3 Aircross offre une bouille sympathique avec des lignes marquées qui ne sont pas sans rappeler les véhicules de WRC. On y retrouve des optiques en deux parties et les traditionnels chevrons flottants sur le haut de la très imposante calandre. La partie basse des optiques passe par la case mascara en adoptant différents liserés colorés blanc, noir ou orange (en option). Cette touche de couleur se retrouvera également sur les rétroviseurs, les barres de toit et le motif de custode arrière. Pour finir sur la face avant, nous noterons la triple ouverture sous la calandre, évoquant ces anciennes gloires de rallyes (Fiat 500 Abarth en tête) au radiateur déporté vers l’avant.

Sur la partie arrière, le mini SUV se veut moderne grâce notamment à ses feux 3D ou à sa petite vitre arrière surplombée d’un petit becquet. Le bas de la malle permet aux amateurs d’Airbump de s’y retrouver puisque l’on en retrouve trois sur le bas du pare-chocs. A mes yeux, c’est peu, mais ça a le mérite d’être là ! Toujours sur l’extérieur, le C3 Aircross sera proposé en seulement 8 coloris. A cela viendront s’ajouter 4 couleurs de toit et 4 couleurs d’accessoires (rétroviseurs, cerclage phare, custode et barre de toit). Cela représente autour de 90 combinaisons selon Citroën, 128 selon nos calculs. Le chiffre exact sera pourtant bien celui annoncé par la marque, une trentaine de combinaisons n’étant pas configurables, histoire sans doute d’éviter les fautes de goût trop prononcées.

D’un point de vue style, on retrouve ici une voiture dans l’air du temps, entièrement personnalisable, compacte, profitant d’un vrai look baroudeur. Idéal pour aller concurrencer le roi de la catégorie chez nous, j’ai nommé le Renault Captur.

C3 Aircross

Intérieur du Citroën C3 Aircross

C’est, selon Citroën, LE point fort de la voiture, un habitacle voulu spacieux, modulable et lumineux. L’équipe en charge du projet a-t-elle réussi son pari ? A nous de le vérifier.

On retrouve à l’intérieur du mini SUV 4 vraies places et une place d’appoint centrale sur la banquette arrière. Les deux sièges avant s’avèrent confortables et spacieux. Réglable en longueur, hauteur et angle de dossier, le siège conducteur permettra à chacun de trouver sa position de conduite alors que le siège passager sera uniquement réglable en longueur et angle de dossier. Face aux deux sièges du rang un on retrouve une planche de bord assez haute côté passager (on regrettera la console très basse du C4 Cactus) et un poste de conduite plutôt agréable à regarder côté conducteur. On y notera la présence d’un beau volant (tant que ça existe encore), agrémenté de la panoplie complète de boutons d’assistance à la conduite. Les aérateurs de nos deux véhicules d’essais étaient peints en partie d’une couleur voyante, amenant du peps à l’intérieur rappelant avec goût les décorations extérieures. Les portières se voient agrémentées d’un large accoudoir venant se cacher dans l’épaisseur de la porte, pour préserver l’espace habitable et de grands rangements occupent le bas des ces ouvrants.

A l’arrière, on retrouve une banquette 40/20/40. Voulue 5 places, on cataloguera, de notre côté, la C3 Aircross parmi ces voitures 4+1 tant la place du milieu sera réservée aux courts trajets et aux minuscules gabarits. L’espace aux jambes est cependant largement suffisant pour mettre deux personnes d’1m85 l’une derrière l’autre (1 sur le siège avant au volant, l’autre derrière par exemple). Le micro siège du milieu peut également se rabattre en porte-gobelet à la demande. Le coffre s’avère plutôt grand pour la catégorie avec une taille allant de 410 à 530 litres. Ce même coffre permet également, via la mise à plat des sièges avant et arrière droit, le transport d’objets dont la taille peut aller jusqu’à 2,4 mètres. L’ensemble est illuminé par une surface vitrée très généreuse, d’autant plus que nos modèles d’essai étaient équipés du toit vitré ouvrant, un équipement véritablement indispensable mais naturellement en option. À 850 € il a cependant le très bon goût d’être ouvrant.

Pour le style intérieur, c’est agréable, dynamique, et vraiment fun. Nous regretterons cependant quelques plastiques durs que l’on retrouve sur le haut des portes, et le contour de console. Si le plastique est très travaillé et que les yeux seront conquis, les mains elles risquent de ne pas s’y plaire. C’est dur, rugueux et peu agréable. En revanche les à-plats de tissu, sur la console ou les accoudoirs de portes, sont du plus bel effet.

Le C3 Aircross sur la route

Nous commençons notre essai par la motorisation essence 1,2 litre, Puretech 110 ch associé à la boîte automatique EAT6. C’est LE moteur PSA actuellement. Nous vous en avions déjà parlé, en bien, sous le capot du C4 Picasso, mais en version 130 ch il est vrai. Dans ce C3 Aircross à peine plus léger (1203 kg contre 1280 kg pour le C4), et avec 20 poneys en moins la donne change-t-elle ?

C3 Aircross

C’est sur les petites routes torturées de Corse que nous avons découvert la voiture. Un terrain qui permet de révéler assez largement les capacités d’un véhicule. D’emblée, la position de conduite permet de se placer soit très haut, soit très bas. L’amplitude des réglages est appréciable et saura ravir aussi bien les plus grands que les plus petits conducteurs. Dès les premiers tours de roues, le petit moteur très discret se fait presque oublier avec la boîte EAT6 automatique équipant notre modèle. Nous traversons Ajaccio, ce qui nous permet de constater que sur les routes pas toujours très régulières de la cité cette C3 Aircross vous fait profiter d’un remarquable confort. Nous saluerons également le faible rayon de braquage de l’auto et sa taille contenue, deux éléments idéaux pour se frayer un chemin dans la circulation. C’est même d’une facilité enfantine et cette première expérience en ville, où il se sent très à l’aise, confirme le caractère urbain de ce SUV.

Une fois en dehors de la grande ville du sud, sur des tronçons un peu plus roulants mais très vallonnés, le petit moteur essence doit jouer des tours pour continuer à nous déplacer. C’est que ça grimpe et ce ne sont pas les 205 Nm qui vont beaucoup changer la donne. Dès les premiers virages, le C3 Aircross met en avant sa direction très assistée mais précise. Très vite apparaît également un certain roulis si l’on hausse le rythme. C’est fort peu agréable et impose de revenir à un rythme moins soutenu pour préserver les passagers d’un mal de la route assuré. Une fois l’allure réduite, le confort est optimal. La boîte automatique arrive plutôt bien à gérer les changements de rapports en montagne bien qu’il ait fallu que nous repassions en seconde manuellement à la sortie de certaines épingles, la voiture voulant rester en troisième. A la conduite, seule la vision vers le coin avant gauche posera problème du fait des gros montants de pare-brise. Le reste de la visibilité vers l’avant comme l’arrière s’avérant sans défaut.

Notre modèle d’essai était également équipé, en plus de la boîte automatique, de quelques aides à la conduite spécifiques. Nous retiendrons un ESP qui gère la traction de l’auto selon 5 modes (de neige à boue en passant par le sable, ou le bitume) et un système nommé Hill Descent Control (HDC) qui gérera la vitesse de la voiture de façon quasiment autonome sur des descentes plus ou moins raides. Ça tombe bien, un chemin escarpé se présente devant nous. Par défaut, la voiture va se stabiliser à une petite dizaine de km/h. Si l’on accélère, et ce jusqu’à 30 km/h, la voiture va se stabiliser à la vitesse que l’on atteindra. Le système adapte la vitesse de la même façon quand on touche le frein. Si c’est assez déroutant au début, force est de constater que ce petit SUV s’en sort très bien sur des chemins escarpés, bien aidé par son empattement court. Le système HDC du C3 Aircross encouragera les moins téméraires de ses clients à oser s’aventurer dans la nature.

Le groupe motopropulseur diesel de notre deuxième modèle d’essai est le BlueHDi 1.6 l 120 ch associé à une boîte de vitesses mécanique à 6 rapports. L’ensemble s’est avéré plus plaisant à conduire sur les petites routes, la puissance et surtout le couple généreux de 300 Nm aidant. Ce couple, disponible qui plus est à bas régime, et le moteur, à la plage d’utilisation très proche de l’essence, donnent au C3 Aircross un regain de dynamisme. Cependant, la voiture parait plus souple et moins bien maintenue. Sûrement un contre coup de la conduite plus dynamique. A noter que le Hill Descent Control n’est pas compatible avec les motorisations à boîte mécanique.

C3 Aircross

Qui dit voiture neuve, dit également voiture connectée. On retrouve dans nos C3 Aircross du jour 1 port USB et une prise 12V allume cigare, une navigation GPS connectée qui évitera les embouteillages (à tester en région parisienne) ou encore une connectivité bluetooth pour les différents téléphones. On ne vous mentira pas en vous indiquant qu’on s’en est peu servi sur les petites routes corses. Une inattention alors que vous conduisez et vous finirez dans la méditerranée ou au fond d’un ravin. Ça ne nous a pas vraiment branchés !

Nous finirons avec les tarifs. Le Citroën C3 Aircross s’offre à vous à partir de 15 950 € en 1,2 Puretech 82 et grimpe jusqu’à 23 950€ en finition BlueHDI 120 ch. C’est un peu moins cher que son concurrent direct le Renault Captur (de 17 000 à 28 500 €) mais équivalent aux nouveaux Kia Stonic (16 900 à 23 500 €) et Seat Arona (à partir de 16 500 euros).

Conclusion

Le Citroën C3 Aircross enterre le C3 Piccaso qu’il remplace à tout point de vue. Le style se veut moderne et ludique, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est une suite logique à la C3 et on lui souhaite le même succès. Sa tenue de route n’a pas forcément brillé sur les tracés Corse mais son châssis promet tout le confort requis pour arpenter la grande majorité de nos voies de circulation, avec ou sans macadam d’ailleurs. Si nous avons été un peu déçus par le moteur essence en montagne, un peu creux par moment, nous avons par contre été conquis en ville. A réessayer sur une durée plus longue, pour confirmer ou non ces premiers ressentis !C3 Aircross

Texte et photos : The Automobilist

 


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