Lamborghini Terzo Millennio, pour Troisième Millénaire. Dès son nom, tout est dit : ce nouveau concept-car frappé du taureau d’Emilie Romagne se veut futuriste. Très, futuriste. Qui dit « futur » ces derniers temps veut dire électrique, mais aussi révolution des matériaux et dépassement des limites physiques actuelles. A cet effet, cette Terzo Millennio se veut à la fois ultra aérodynamique, électrique et légère, avec une carrosserie… auto-réparatrice.

Imaginée avec le MIT

Nous avions été prévenus vendredi en fin de journée par Jonny Lieberman, Rédac’chef de Motor Trend, sur Instagram. Et son annonce était vraie : le 6 novembre au soir, Lamborghini a dévoilé aux Etats-Unis un nouveau concept-car, la Terzo Millennio. Sa particularité est d’avoir été imaginée en partenariat avec deux labos du MIT, le Massachussets Institute of Technology : le laboratoire de recherche Dinca et le Groupe Mécanosynthèse (Mechanosynthesis Group). Ceux-ci permettent à Lamborghini d’élargir le spectre de ses recherches notamment en connaissance des matériaux. La Terzo Millennio se veut à la « pointe » et ce n’est pas qu’une image : sa carrosserie en fibre de carbone réussit à stocker l’énergie et à s’auto-réparer !

Science-fiction ? Même pas, physique des nano-matériaux, qui lancent des nanocharges dans les panneaux de fibre de carbone. Des nano-tubes de carbone viennent servir d’anodes et de cathodes, la carrosserie devenant lieu de stockage de l’énergie tout en étant la peau de la voiture. De plus, ces micro-tubes remplis de liquide sillonnant la carrosserie permettent de pallier sa réalité physique. La fibre de carbone est en effet légère et solide mais surtout fragile. Le liquide nécessaire aux nano-charges vient alors combler toute crevasse ou fissure en formation, et la fibre est renforcée donc la voiture plus durable. Tout ceci est pour l’heure théorique mais sera testé à partir de l’an prochain par Lamborghini et le MIT.

L’ensemble est profilé comme peu de supercars l’ont été dans l’histoire, hormis sur l’Aston Martin Walkyrie et l’imaginaire Alpine Vision Gran Turismo. En effet, les flux d’air sont captés et guidés pour asseoir la voiture au sol.

Des supercondensateurs plutôt que des batteries

Sous sa robe ciselée et aussi affûtée qu’une lame de couteau, la Terzo Millennio cache un cœur électrique. C’est la première fois que Lamborghini se lance dans l’électricité, après une brève incursion en hybride avec le concept Asterion en 2014. Et parce que le taureau de Sant’Agata veut être avant-gardiste, il choisit de se passer des lourdes batteries Li-ion habituelles des VE pour leur préférer de plus légers supercondensateurs. Ils diffèrent des batteries par leur cycle de vie, plus long, leur capacité de recharge plus rapide et leur aptitude à délivrer l’électricité plus rapidement. Une démarche déjà entreprise par Toyota en Endurance depuis la TS030 de LMP1.

Dotée de 4 moteur-roues, la puissance est idéalement et intégralement répartie pour favoriser la motricité et l’évacuation de l’air dans les soubassements. En cela aussi, la Terzo Millennio s’éloigne de la démarche globale du Groupe Volkswagen qui, des VW I.D. à la Porsche Mission E, est partie sur un schéma de châssis MEB avec batteries Lithium-ion plus classique, mais aussi plus lourd -un casse-tête donc. Les supercondensateurs ne sont pourtant pas une solution miracle : leur basse tension de fonctionnement et leur faible stockage les brident. L’idée de Lamborghini est de réussir à ce que l’énergie soit aussi bien délivrée instantanément pour une pointe de vitesse que récupérée au maximum lors des freinages, de telle façon que les supercondensateurs aient une efficacité symétrique.

Quelque soient l’énergie, pourvue qu’il y ait la puissance et comme le dit le directeur Technique de la marque Maurizio Reggiani, « tôt ou tard, les véhicules électriques feront partie du futur de cette supercar ». Et si les propriétaires de Lambo’ acceptent l’électrique, il semble selon la marque qu’ils soient réfractaires à la conduite autonome. Riccardo Parenti, chef du développement du concept, explique : « Vous achetez rarement une voiture de sport pour être conduit par un ordinateur. Nous pensons que c’est plus stratégique d’en avoir un pour… enseigner au pilote comment s’améliorer. Plutôt que d’avoir un grade 5 [de conduite autonome, c’est-à-dire une délégation totale NDLR]. » 

Futur ou futurisme pour Lamborghini ?

Chose surprenante pour une supercar, Lamborghini ne parle pas de puissance en chevaux, encore moins de prix ou de production. L’on sait juste que cette voiture sert de piste de réflexion pour le futur du Taureau de Modène. Car l’impact immédiat de cette Terzo Millennio se verra dans le style de la marque italienne. D’ores et déjà il reprend à la fois les codes utilisés dans la gamme tout en les perfectionnant au point d’en faire une supercar râblée, reconnaissable au premier regard. C’est tout ce qu’on attendrait d’une future remplaçante de l’Aventador, qu’elle arrive dans 2 ans ou pour la génération suivante, dans une décennie. Au passage, le choix d’une teinte gris mate évoque celle de la Reventon, celui d’une coque vitrée très en avant rappelle l’Egoista, tandis que la signature lumineuse est directement celle des Huracan ou du futur Urus.

Nous finirons d’ailleurs sur ce point : comme toute étude de style, cette Lamborghini anticipe le futur de la marque, et est censé dessiner ses prochaines lignes de force stratégique. De là à dire que le futur proche de Lambo’ est dépourvu de stockage d’énergie par la carrosserie, de fibre de carbone auto-réparante ou de supercondensateurs… non. Là on est clairement dans le futurisme, car le prochain Taureau qui sera mis sur le marché sera en effet bien classique. Ce sera l’Urus. Mais à sa manière, il appartient aussi au troisième millénaire  naissant de l’automobile, celui du concept-roi du SUV.

Via Lamborghini et Slashgear


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