Il y a bien longtemps désormais, plus de quarante ans, que Jean-Paul Renvoizé, journaliste sportif automobile désormais retourné dans sa Creuse natale, conseillait à Michel Hommel, son patron d’alors, de s’intéresser à une nouvelle discipline très en vogue dans le Nord de l’Europe le Rallycross. Le big boss d’Echappement avait quelques relations près de Rennes. Il rencontra Pierre Tollemer, président de l’Ecurie Bretagne qui organisait alors la course de côte de Saint-Germain-sur-Ille. Les deux hommes furent vite rejoints dans leur projet novateur par Célestin Loizance, alors maire de Lohéac et Yves Plantard, président du Comité des Fêtes. Le 5 septembre 1976, le premier Rallycross de Lohéac voyait la victoire du Belge Guy Deladrière. Jean Ragnotti, Guy Chasseuil Henri Pescarolo et quelques autres avaient répondu à l’invitation de Michel Hommel. L’affaire était lancée en France et même bien lancée puisque l’étape française du WRX est un des moments importants de la saison. 

 

Des irréductibles lohéaciens

Le petit village breton mourrait alors doucement de la désertification qui vidait nos campagnes et qui poussaient les jeunes vers les cités bétonnées de Maurepas, Villejean et autres concentrations urbaines de la capitale de la Bretagne. Citroën recrutait alors et peu à peu les bourgs de la grande périphérie armoricaine se vidaient de leurs forces vives attirées par les joies des courses dans des hypermarchés dévorants. ‘’Paulo’’ avait rencontré le Rallycross dans les pays du nord de l’Europe ou déjà, la discipline faisait le show. Le sport automobile français était alors en plein boom. Songez donc, rien qu’en F1, le français était la langue dominante puisque après Cevert, Beltoise et Pescarolo, les Arnoux, Pironi, Jabouille, Lafitte, Jarier, Tambay imposaient la ‘’french way of life’’ sur les circuits du monde.  En rallye, Alpine taillait des croupières à la concurrence tandis que peu à peu en l’Endurance s’habituait au jaune Renault. Mais à vrai dire, il manquait une discipline ‘’spectacle’’. La première organisation d’une épreuve de cette nouvelle discipline en France fut un évènement. Bien relayé et mis en avant il est vrai par les revues de Michel Hommel. La presse auto avait alors le vent en poupe en ces temps bénis du plaisir automobile.

Celui-ci s’établit même dans le bourg, il y acheta quelques hectares et un vieux manoir alors assez décrépi. Peu à peu, il investit pierre par pierre. Sa puissance financière mais aussi son amour des belles choses, transformèrent le village. Lohéac désormais vit de cette passion. Un nouveau circuit de Rallycross fut tracé. C’est devenu La Mecque de la discipline. Juste à côté, le Musée de Lohéac regroupe une des plus impressionnante collection de voitures accessibles au public. Chaque maison, chaque pierre, chaque rue de Lohéac est maintenant marquée du sceau de la passion automobile.

Qui a dit que la foi ne pouvait plus déplacer des montagnes ?

La discipline s’isole peu à peu

Peu à peu, le Rallycross s’installa dans l’Ouest de la France. Avec quelques grands rendez-vous comme Savenay, Mayenne, Essay, Lessay ou Mayenne. Mais il tarda à trouver sa dimension nationale. Pourtant, l’arrivée des Groupe B à la fin des années 80 redonna une respiration. L’affrontement Fréquelin (Peugeot T16)  Saby (Lancia S4) fut grandiose. Les grands rendez-vous européens confirmaient le potentiel de la série. Pourtant en France, on assista à une hyper spécialisation. Les Bretons trustèrent les titres (Jean-Luc Pailler domina pendant plus de dix ans. Incapable de comprendre la nécessité de communiquer, les dirigeants de la discipline l’enfouirent peu à peu dans un ronronnement confortable mais tellement dommageable. C’était devenu une course de garagistes gérée par des agriculteurs.  En Europe aussi la dérive aussi fut évidente. Il fallut l’arrivée d’un promoteur, IMG, pour que la discipline retrouve la santé. Un samedi de manche française à Lohéac, Martin Ayani le patron de la grande entreprise de promotion me confia qu’il ne pouvait y avoir de championnat du monde tant que le Rallycross ne visitait pas trois continents. C’était une condition imposée par la FIA pour qu’une série se voit gratifiée du label W comme championnat mondial. Je lui proposai donc de prendre contact avec mon ami Dominic Fugère, devenu patron du circuit de Trois Rivières au Québec. C’est ainsi que moins d’un mois plus tard, la FIA acceptait d’inscrire le Rallycross parmi ses championnats mondiaux. Seul, la F1, le rallye, l’endurance et le Tourisme pouvait bénéficier d’une telle appellation contrôlée. Le Rallycross devenait mondial. Le succès vint alors.

Lohéac, La Mecque de la discipline

Lohéac en est sans doute avec Holjes en Suède devenu la référence obligatoire. Cette année, les Polo de VW y seront sans doute presque imbattables. Kristofferson et Solberg ont su mettre en musique l’énorme proposition financière du groupe VAG. Peugeot avec des moyens bien moindre y tient son rang. Sébastien Loeb n’est pas loin de son premier succès. Audi, un peu en retrait cette année bénéficiera sans doute sous peu des évolutions du groupe. Ekstroem, tenant du titre, ne voit pas d’un très bon œil la domination des cousins de VW. Ford met énormément de moyen avec à la clef une belle opportunité de marché ‘’compétition clients’’. Ken Block, Andreas Bakkerud ne sont pas loin de la plus haute marche du podium. Alors, forcément, tout cela anime délicieusement les week end de championnat mondial.

C’est difficile pour les structures indépendantes. Parmi elle, celle dirigé par Dominique Dubourg peine avec ses 208 sans doute bien trop handicapée par des moteurs de l’ancienne génération.  Mais sur un tracé un peu moins exigeant en puissance moteur pure, il sera possible aux purs privés de s’infiltré dans les demi-finales. Après, c’est évidemment comme le dit Julien Fébreau, le spécialiste de la F1 sur Canal made in Lohéac lui aussi, ‘’Rendez vous au premier virage’’.

Listes des engagés WRX 

Liste des engagés ERX 

Liste des engagées France RX2 

Et si vous allez faire un tour sur le Circuit de Lohéac, n’oubliez surtout pas de prendre un peu de temps pour aller visiter le Manoir de l’Automobile, vous découvrirez bon nombre de merveilles dans ce temple de la voiture et de la passion pour les belles mécaniques.

Via FIA, Circuit de Lohéac.


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