Jalons de moins en moins incontournables, les salons automobiles ont l’avantage, pour le visiteur, de permettre de voir toutes les nouveautés automobiles en quelques heures. Mais, pour les constructeurs, cet exercice ne permet pas réellement de se distinguer de la masse des rivaux et de faire passer leurs messages aussi bien qu’ils le souhaiteraient. Plusieurs marques tentent ainsi de nouveaux formats pour sortit du lot. Chez Audi, l’expérience se nomme Audi Summit et a vocation à être renouvelée une à deux fois par an. Au-delà de l’exercice d’auto-satisfaction, cette manifestation permet d’en savoir plus sur ce que sont les Audi d’aujourd’hui et ce qu’elles seront demain.

La grande star de cet événement, c’était, bien sûr, la nouvelle génération d’A8. Une nouveauté dans laquelle nous avons d’ores et déjà pu nous installer.

Audi A8, un design dans la continuité

Au premier abord, la plus grande des Audi dissimule bien ses 5,17 m. Son profil se veut moins lourd que celui de la précédente génération. Audi a visiblement décidé de laisser BMW et Mercedes jouer seuls à celui qui dessinera la limousine la plus massive. Sous cet angle, on reconnaît toutefois largement les tics stylistiques de la marque aux anneaux, même si les plis de carrosserie sont plus nombreux et moins rectilignes. Le dessin du vitrage, en revanche, est quasiment calqué trait pour trait sur l’ancienne génération.

L’un des gimmick préférés de la marque, c’est la calandre Single Frame. Elle est naturellement présente ici, et dans une version plus démesurée que jamais. C’est d’ailleurs elle qui impose leur formes aux fines optiques dont le dessin est inédit pour un modèle de série, mais que l’on avait déjà découvert sur les concepts Prologue. C’est sous cet angle que l’A8 est sans doute, d’un point de vue esthétique, la moins réussie. On note tout de même un léger mieux sur la version W12 dont la calandre est plus largement chromée. Celle-ci, au moins, ne craint de revendiquer son côté ostentatoire.

Une fois n’est pas coutume, c’est la partie arrière qui semble la plus séduisante. Sans doute parce que c’est elle qui tranche le plus avec ce que la marque à l’habitude de faire. Bonne nouvelle pour ceux qui faisaient une overdose de dessin anguleux, les rondeurs semblent, modérément, de retour chez Audi. Les feux qui courent sur toute la largeur de l’auto ainsi que les deux filets de chrome (à l’intérieur des optiques arrière et sur le bouclier) contribuent à élargir visuellement l’auto et à lui donner un petit air classique.

Un habitacle ultra technologique

A bord, la nouvelle A8 refuse les codes dictés par ses meilleures ennemies, les BMW Série 7 et Mercedes Classe S. Non pas qu’elle renonce à utiliser des écrans de grande taille, puisqu’on en trouve trois sur la planche de bord (Virtual Cockpit, système multimédia et commandes de climatisation), mais ceux-ci sont disposés à la manière des commandes classiques que l’on trouve sur des autos plus populaires. Ainsi, la partie supérieure du tableau de bord n’ondule que pour laisser la place au bloc-compteurs. Sans hésitation, cette disposition paraît plus élégante et moins massive.

Malheureusement, Audi n’a pas trouvé la solution miracle contre les traces de doigt et la multiplication de ces écrans va de paire avec la multiplication de ces marques disgracieuses. En matière de présentation, l’habitacle de l’A8 est le royaume des matériaux nobles. Un peu de plastique largement moussé, certes, mais surtout des cuirs de grande qualité, des boiseries précieuses et des inserts chromés. Sans surprise, l’ambiance se veut luxueuse et sereine, mais certaines configurations de couleurs et de matières risquent de ne pas plaire au conducteur européen.

Ce n’est pas une surprise, chaque détail est hyper soigné. Mais on ne cesse d’être épaté par la créativité des ingénieurs. Ainsi, les plafonniers arrière, totalement composés de Led comme l’ensemble des points d’éclairage de l’A8, se pilotent, sur la version longue, depuis une tablette tactile située dans l’accoudoir arrière. Ils comprennent plusieurs Led qui s’allument et s’éteignent alternativement, de façon à orienter le flux lumineux selon les souhaits des occupants, comme le font les phares Matrix Led pour ne pas éblouir les autres usagers de la route.

De nombreux axes de travail pour le futur

Ce Summit a également été, pour Audi, l’occasion de présenter de nombreuses facettes de son travail, qu’il concerne les modèles actuels ou le futur. Dans la première catégorie, citons le programme de personnalisation Audi Exclusive ou encore Audi Sport, le nouveau nom de Quattro Gmbh, chargé de développer les véhicules de compétition (DTM, LMS…) mais aussi les versions RS de série. Ce département présentait d’ailleurs, à cette occasion, deux premières mondiales : les R8 et TT RS dotés des inédits éléments Performance Parts. L’absence de photo de la seconde n’est pas un oubli : l’auto a été présentée si furtivement qu’il était impossible de la saisir.

Pour améliorer la fluidité et la productivité de ses unités de fabrication, Audi est en train de finaliser la mise en application, à petite échelle pour le moment, de l’assemblage modulaire. L’idée consiste à développer, en parallèle aux chaines traditionnelles, des postes excentrés et spécialisés, par lesquels ne passeront que les voitures concernées par la dite opération. Par exemple, sur une colonne d’A8, si un exemplaire nécessite l’installation d’un habillage spécifique, il quittera la chaîne pour le recevoir puis la réintégrera une fois celui-ci installer. Dans le même temps, les autres autos en cours de montage auront poursuivi leur chemin. Aujourd’hui, la production linéaire impose que l’ensemble des modèles attendent le fin de cette opération spécifique. Les premiers tests de ce nouveau mode devraient avoirs lieu en 2018 à l’usine de Györ (Hongrie) puis à celle de Bruxelles (Belgique).

Si la marque aux anneaux a réaffirmé, lors de cet événement, sa volonté de produire toujours plus de voitures propres (tous les modèles de masse lancés à partir de l’année prochaine connaîtront au moins une version électrique ou hybride), c’est surtout les nouveaux services qui nous semblent intéressants. Prévu pour être lancé dans les prochains mois en Chine puis dans 14 autres pays entre 2018 et 2020, Audi Select permettra, pour un loyer fixe, de disposer jusqu’à trois modèles par an. Par exemple, les citadins pourront opter pour une A1 la majeure partie de l’année avec une bascule prévue vers une A5 cabriolet ou un Q5 durant les périodes de vacances. A la même période apparaîtra Audi On Demand qui, sur le modèle de l’auto-partage, permettra d’utiliser un modèle précis avec un système de facturation à l’heure.

Naturellement, nous ne manquerons pas de revenir sur ces projets, et sur bien d’autres, au fur et à mesure de leur concrétisation.


Commentaires

Plus d'articles