Le puissant et respecté patron de la marque aux anneaux vient de chuter lourdement du piédestal qu’il occupait depuis des années. A la demande du parquet de Munich et dans le cadre de l’enquête sur le Dieselgate, le PDG d’Audi a été arrêté ce matin et placé en détention.

Cette arrestation apparaît logique dans le cadre de la procédure engagée par le parquet munichois. Ce dernier avait mis en cause le patron de la firme aux anneaux à la fin du mois du mai pour fraude. On se rappellera qu’en même temps que R. Stadler, la justice avait mis en cause un autre membre du directoire d’Audi avec les mêmes accusations. On gardera également à l’esprit que ces perquisitions aux domiciles des deux présumés suspects faisaient suite à une série de fouilles (février, mars, avril 2018) qui avait eu lieu à Ingolstadt dans les différents bureaux des responsables impliqués dans le dossier du Dieselgate.

Le parquet a donc estimé qu’il y a un vrai risque de dissimulation et de manipulation des preuves nécessaires à l’établissement de la vérité, ce qui justifie la mise en détention de celui qui pourrait très vite ne plus être le patron d’Audi.

De son coté, le constructeur allemand, dans un communiqué laconique, a simplement confirmé les faits sans donner le moindre détail et s’est borné à rappeler que Rupert Stadler était toujours présumé innocent dans ce dossier judiciaire.

Si cette arrestation peut surprendre, on gardera à l’esprit qu’elle pourrait être la première d’une série puisque l’ancien patron du Groupe Volkswagen, Martin Winterkorn, Martin Müller son successeur, le patron actuel de Volkswagen, Herbert Diess ainsi que le président du conseil de surveillance du groupe Volkswagen sont actuellement sous enquêtes afin de déterminer leur rôle respectif et leur degré d’implication dans le lourd dossier du Dieselgate qui est ouvert, souvenons nous en, depuis bientôt trois ans.

Ces poursuites « individuelles » viennent s’ajouter à celles ouvertes par plusieurs parquets d’outre-Rhin qui visent les sociétés Volkswagen, Audi, Porsche, Mercedes-Benz mais aussi la firme Bosch qui paraît très impliquée dans ce dossier des logiciels tricheurs. Ces derniers étaient notamment destinés à contourner la législation américaine sur les émissions d’oxydes d’azote.

Il y a fort à parier que nous ne sommes pas au bout de nos surprises et que des « acteurs » encore inconnus du dossier apparaîtront probablement dans cette dommageable et longue séquence industrialo-judiciaro-écologique qui a pénalisé un secteur économique majeur en Europe.

Il nous reste désormais à patienter quelques heures ou quelques jours afin de savoir qui va prendre la succession ou l’intérim de Stadler, qui est à la tête d’Audi AG depuis janvier 2010.

L’affaire risque d’être difficile à gérer pour la direction du groupe Volkswagen car il va falloir trouver un patron non impliqué dans le Dieselgate, apte à gérer une marque réputée haut de gamme, en pleine mutation mais en perte de vitesse sur les marchés et totalement « mouillée » dans l’affaire des logiciels tricheurs.

Via AFP, Reuters, FAZ, FranceInfo.


Commentaires

Plus d'articles