Cette semaine, les ministres du gouvernement dirigé par Édouard Philippe, grands ou petits, étaient en vadrouille. Plus exactement ils étaient ce jeudi en province afin d’expliquer l’action gouvernementale mais aussi de défendre les projets présidentiels, répondre aux questions des citoyens de la France non parisienne et tenter de se faire connaître. 
Même les plus capés des ministres étaient de sortie et ce fut notamment le cas de Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur.

Discrète solidarité gouvernementale

Le ministre n’a pas été très loin de la place Beauveau puisqu’il a été envoyé à Rungis dans le Val de Marne. Comme les autres membres du gouvernement, Gérard Collomb devait défendre les réformes déjà en place, celles en cours et bien sûr celles prévues pour les quatre prochaines années du quinquennat Macron.

Face à une petite assemblée d’environ 150 personnes plutôt acquises à la cause gouvernementale, le ministre a du répondre à de nombreuses questions dont une avait comme objet les fameux 80 km/h qui seront effectifs sur nos routes dans 6 semaines.
Une fois la question posée par une des personnes présentes dans l’assistance, Gérard Collomb a du mal à soutenir publiquement la mesure des 80 km/h sur les routes secondaires voulue par le premier ministre Edouard Philippe. Le ministre de l’intérieur a préféré botter en touche en déclarant : « Je prends un joker sur la question pour passer à la question suivante ! ».
Cette déclaration et l’absence de soutien réel à la mesure de la part du ministre n’est d’ailleurs ni une surprise, ni une première puisqu’en février dernier, Gérard Collomb ne s’était guère montré enthousiaste pour cette mesure lors d’un entretien accordé à J.J. Bourdin sur BFMTV. A l’époque, le ministre s’était contenter de dire : « J’ai un devoir de réserve. J’approuve toujours les mesures du gouvernement. Donc je les défends. Mais il est vrai qu’on aurait pu regarder les tranches les plus accidentogènes. » 

80 km/h oui mais avec le risque d’aller dans le mur électoral

Toujours dans la série Gerard Collomb aime parler sur BFMTV, il était ce matin à nouveau face à Jean-Jacques Bourdin. Lorsque ce dernier lui a « asséné » qu’il était contre la mesure des 80 km/h sur les routes, le ministre s’est contenté d’un simple « Je ne vous contredis jamais », ce qui en dit long sur le point de vue de G. Collomb sur le sujet.
Si nous ne connaissons pas précisément le fond de la pensée du ministre de l’Intérieur, on peut aussi penser qu’en vieux routier et connaisseur du système politique et électoral français, il sait que cette mesure risque de se payer fort cher dans les urnes en 2019 et 2020 voire même 2022.
Ces 80 km/h pourraient bien coûter plus chers politiquement à l’actuelle majorité que des mesures sociales ou fiscales pourtant bien plus pénalisantes au quotidien. Et ce n’est pas la promesse d’Édouard Philippe de faire un point sur la situation en 2020 qui changera la donne. Il fallait simplement y penser avant et ne pas subir la pression de certains lobbies autophobes bien introduits dans les arcanes du pouvoir et des ministères.

Quelques déclarations sur le sujet en vidéo

Chantal Perrichon boira peut être du champagne en juillet mais faisons le nécessaire pour pour qu’elle puisse déguster du vinaigre en 2020.

Via BFM, BFMTV, FranceBleu, OuestFrance, AP, Youtube.


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