La nuit, la terrible nuit…

Voilà, c’est l’heure. Il est vingt deux heures trente. La nuit tombe sur le circuit du Mans. Les deux Toyota de Conway et Buemi mènent le bal. Impeccables les voitures japonaises mettent une grosse pression sur la dernière Porsche. L’autre allemande, celle de Bernhard-Bamber-Hartley a abdiqué bien plus tôt dans la course.

L’implacable soleil sarthois inondait encore les forêts de pins entre le Tertre Rouge et Mulsanne. On a vu une drôle de fumée sortir de tout le derrière de la voiture puis Bamber au ralenti. Le verdict, une fois la 919 Hybrid rentrée dans son stand, ne se fit pas attendre  »front axel drive ».  Sur une voiture hybride, cela veut dire que le système de traction ne fonctionne plus. Le changement n’est pas chose aisée.
Au bilan, une valise de tours pour la seconde chance de Stuttgart. Impossible de ne pas s’imaginer les patrons allemands en train manger leurs casquettes, une seule auto contre la triplette des TSO50 avant sept heures le samedi, les vingt heures qui arrivent ne vont pas être de tout repos pour Fritz Enzinger et Andreas Seidl qui doivent bien regretter ce soir d’avoir un peu lésiné pour l’engagement d’une troisième voiture. A ne pas toujours vouloir tirer des leçons de l’histoire, et celle du Mans est très riche, beaucoup de dirigeants se sont retrouvés Gros Jean comme devant lors de la course.

Et puis, à 22 h 47, coup de théâtre à la façon No : Sebastien Buemi rentre au stand au bout de seulement dix tours avec les freins avant enfumés. Deux coups d’extincteur n’y peuvent rien, on doit renter la voiture numéro 8.
Là aussi c’est du côté du train avant que ça se passe. On connait l’extrême sophistication du dispositif hybride. Et celui ci semble avoir quelques difficultés à suivre le rythme effreiné des autos mais pas seulement puisque ces technologies semblent apprécier très modérément les grandes chaleurs sarthoises. La troisième voiture japonaise hérite de la troisième place. Juste devant la meute des LMP2 de pointe désormais à une encablure du podium et avec des temps au tour assez stupéfiants pour des LMP2 et ceci qu’elles s’appellent Oreca 07, Ligier JSP217, Dallara ou Alpine A470. Les voitures tournent vite, très vite et la nuit qui s’installe annonce du spectacle et des rebondissements.

Crédits photos : ACO, Michelin


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