Des questions, toujours des questions

Désormais on en sait un peu plus sur ce que sera cette édition 2017 des 24 Heures du Mans. Les deux séances d’essais qualificatifs de mercredi et jeudi ont délivré leur verdict. Il est sans appel : Jamais, toutes catégories confondues, on est allé aussi vite dans la Sarthe. Alors, forcément, de nouvelles questions se posent.

La Toyota de Kobayashi en 3 min 14 sec 791 n’est pas trop vite ?

A vrai dire, jeudi soir lorsque le pilote japonais trouva un circuit parfait à la reprise d’une interruption de séance et on ne donnait pas cher des records des dernières évolutions du circuit manceau. Jamais on ne sera allé aussi vite dans la Sarthe. Epoustouflant ! Stratosphérique ! Merveilleux moment de maîtrise absolue !
Par caméra in board interposée, on assista en direct à la performance du pilote de la Toyota. Ce tour restera dans l’histoire. Il fut parfait. A rapprocher évidemment de celui d’Hans Stuck sur un circuit sans les chicanes des Hunaudières, en 3 min 14 min 80. Auparavant, Jacky Oliver et sa Porsche 917 avaient tourné lors des essais préliminaires de 1971 en 3 min 13 sec 6 (on chronométrait au dixième à l’époque). Sur un tout autre circuit, puisqu’il était sans chicane, seul le virage Ford venait d’être construit mais aussi et surtout sans cette nouvelle portion des virages Porsche et du Karting.

Alors, évidemment, les législateurs vont tenter de limiter les performances. Sans doute le nouveau règlement à paraître en 2020 prendra en compte cet extraordinaire progression. Limitation de l’hybridation, de la consommation, de la cylindrée, évolution du tracé ? On n’en sait pas beaucoup pour l’instant mais nul doute qu’ils prendront les mesures habituelles. Et les ingénieurs de se frotter les mains… Dans quelques années, tout sera à refaire. Ainsi va la loi du Mans.

Et les Performances en LMP2 ?

Là, inutile de vous dire que le vieux Manceau que je suis est quelque peu inquiet. Cette catégorie LMP2 est désormais en mesure d’aller titiller pour le scratch, les grosse LMP1. Si d’aventure le sort n’était pas trop favorables aux hybrides, immédiatement la meute des  »atmo » s’engouffrera dans la brèche. Avec sans doute une LMP2 sur le podium. C’est en tout cas fort plausible. Mais, il y a un mais. Le règlement impose un pilote moins affûté dans cette catégorie. Forcément, on prend peur. On l’a vu, un peu, lors des essais, avec des voitures capables de rouler aussi vite que les LMP1, avec une Vmax époustouflante, ces P2 sont un peu  »fines » à piloter. Si cela ne pose pas de problème à une fantastique jeune garde comme Vergne, Lynn, Panciatici, Laurent, d’autres, les licence bronze n’ont sans doute pas les mêmes capacités à répondre aux ruades de leur monture. Lorsque la course fera rage, il y a de gros risques. Augmenter les performances des P2, c’est bien, les confier aux moins talentueux des pilotes, c’est un réel problème.

Et elles vont tourner en combien lors de la course ?

On prend les paris. Avec ce 3 min 14 sec en essais pour la voiture de pointe, 3 min 17, pour les autres,, les dirigeants des teams de pointe, Porche et Toyota vont certainement tenter de modérer les ardeurs de leurs pilotes. Un temps de base autour de 3 min 22 sec semblent être possible. C’est en tout cas la certitude de voir le record à la distance exploser. pour l’instant, il est l’oeuvre d’Audi (Dumas-Berhardt-Rockenfeller) avec 5405.472 kilomètres. Mais c’était du temps où l’on sortait beaucoup moins les pace car qu’aujourd’hui. Bien avant la  »full zone yellow ». Parce qu’on parle de plus en plus anglais aux 24 Heures du Mans. L’effet FIA sans doute. mais si d’aventure, un grand beau régnait sur Mulsanne et Arnage, alors nul doute qu’il y aurait un beau parfum de record sur la Sarthe.

Les temps de la deuxième session de qualification

Crédits photos : ACO


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