Après la première séance d’essais, les questions qui se posent.
Bon, c’est fait ! Nous en savons plus désormais sur le déroulement à prévoir de cette édition 2017 des 24 Heures du Mans. Forcément, quelques questions viennent chatouiller les oreilles des spécialistes et des autres. Pour vous éviter la surchauffe, votre serviteur se les est posées et par la même occasion a tenté, modestement d’y répondre.

Toyota – Porsche ou Porsche – Toyota ?

La première séance d’essais qualificatifs a confirmé ce que nous savions depuis 2016 : En performance pure, Toyota est plus à l’aise sur le tracé sarthois que Porsche. Pas un scoop donc. Mercredi soir, les deux Toyota de pointe ont dominé la meilleure des allemandes. Pour les 919, c’est Timo Berhardt qui s’y est collé. Timo est un extraordinaire pilote d’endurance, toutefois il n’a pas la pointe de vitesse d’un Hartley ou d’un Lotterer. La réplique Toyota faut immédiate. Très vite, les temps de la journée test sont oubliés et on navigua aux alentours des 3 min 18 sec. Pourtant personne ne semblait forcer ni sur son talent, ni sur la vitesse. Les plans des essais étaient respectés à la lettre et ce, dans les deux écuries de LMP1. Aucun des deux constructeurs ne semblait prêt à se livrer totalement comme pour en garder sous la pédale et porter l’estocade au bon moment. Wait and see donc, mais on n’en saura pas beaucoup plus avant les premières heures de ce samedi 17 juin.

La rumeur annonce un retrait en 2018 des Porsche en LMP1

Alors qu’en est il ?
Bien malin qui pourrait dire ce qu’il en est des projets de Stuttgart. Toujours est-il qu’il est en effet juste de se demander si les patrons de la marque teutonne sont prêts à continuer l’investissement ‘’kolossal’’ mis en œuvre il y a cinq ans maintenant. On sait que la course mancelle est dans l’ADN de la firme du Bade Wurtemberg.
On pourrait s’étonner de voir qu’il ne semble pas y avoir d’évolution spectaculaire de la voiture depuis la victoire « chanceuse » de 2016. Lorsque l’on connait la philosophie de la marque, ceci n’a rien de surprenant. Pourtant les ingénieurs ont continué à travailler sur le petit moteur V4 et sur le KERS. Désormais la puissance disponible, toutes énergies confondues, avoisine les 1.000 ch quand cela est nécessaire. Reste évidemment à tout faire passer au sol. Si la Porsche 919 Hybrid n’est pas la voiture la plus confortable à conduire (c’est une voiture de pilote, « d’homme ») elle reste un formidable outil de course pour aller au bout de ces 24 Heures mais aussi d’autres épreuves du WEC.
En fait, tout ou presque viendra des services marketing et de leur décision. La question, sempiternellement posée aux marques investies au Mans est : « Faut-il communiquer sur l’image de la marque ou sur le produit ? »
Porsche avait besoin de redorer son blason manceau, avec les victoires de 2015 et 2016, c’est chose faite et même très bien. Le constructeur de Zuffenhausen est et reste un top team.
Alors, comme le règlement change en 2020, y a-t-il urgence à repartir sur des nouvelles bases pour des victoires au scratch ? Ou alors faut-il d’ores et déjà s’appuyer sur les toutes récentes GT, les nouvelles et performantes Porsche 911 RSR, pour faire passer les messages des services commerciaux. La 911 a t’elle en fait vraiment besoin d’une promotion liée à la course quand on connait son histoire en sport automobile et ses dizaines de milliers de victoires et de podiums sur les tous les circuits de la planète. En fait tout sera lier aux capacités des hommes de Porsche à s’imposer face à Ford, Ferrari, Aston Martin ou Chevrolet dans la catégorie désormais très convoitée des LM GTE Pro et même Am. Le retour de BMW en 2018 devrait aussi aider Porsche à se positionner soit en LMP1 et GTE, soit uniquement en GTE ou en LMP1. Si le constructeur fait le choix du retrait de la catégorie reine, Toyota pourrait bien se retirer faute de combattants. Ainsi la place serait laissée aux actuelles et très performantes LMP2 tout en dégageant de la place pour le GT3 (ou LMP3) ou même GT4 (LMP4) en attendant la future réglémentation attendue dans trois ans.

Et là, rien n’est simple. Un drôle de jeu a été institué par les « législateurs de l’ACO et de la FIA ». La fameuse BOP (balance des performances). C’est une usine à gaz au niveau du règlement technique. En gros, tout peut changer d’une course à une autre. (brides et autonomie principalement mais pas que…).
Alors, on assiste à une belle partie de poker menteur. Mercredi soir par exemple, mais aussi aux journées test, on a vu les Ford complètement ‘’à la ramasse’’. Sans doute pour démontrer qu’il faudrait que le législateur leur trouve quelques millimètres de bride supplémentaire et quelques litres de carburant disponibles en sus. C’est du lobbying un peu naïf certes mais pour l’instant c’est efficace quoique pas toujours très sportif dans l’esprit.
Alors pour les Porsche RSR, c’est un peu compliqué mais il serait bien étonnant de ne pas voir l’arme fatale de la marque en Grand Tourisme (c’est une 911 quand même !) en rester à ses discrètes prestations du début de saison. Pour l’instant donc, il est fort probable que la décision du stop ou encore ne soit pas encore prise. Cette épreuve 2017 sera déterminante.

D’autres questions me viennent à l’esprit. Mais il est temps de partir sur le bord de piste Je reviendrai vers vous dès demain avec encore plus de questions. C’est ainsi Le Mans. Une si longue mais merveilleuse semaine !

Crédits photos : ACO/Les 24 Heures du Mans.


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